Samedi 27 Mai 2017

La Somalie replante des graines perdues, adaptées à l’aridité

La Somalie replante des graines perdues, adaptées à l’aridité
(Le Monde 08/05/17)
Dans le somaliland.

Face à un déficit de pluie catastrophique, les autorités ont lancé un plan de restauration des semences abandonnées pendant les années de guerre.
Il y a encore quelques années, l’Awdal était surnommée « la Somalie verte ». Cette région du nord-ouest, à la frontière avec l’Ethiopie et Djibouti, constituait l’un des greniers du pays, avec ses champs fertiles, maïs et sorgho, entretenus par près de 70 000 paysans, et alimentés deux fois l’an par de généreuses saisons de pluies. Mais aujourd’hui, tout est perdu. En 2016, il est tombé sur l’Awdal deux à trois fois moins d’eau que la normale et ce pour la troisième année d’affilée, réduisant à l’état de désert et de cailloux brûlants plusieurs dizaines de milliers d’hectares de précieuses terres arables.

Toute la Somalie est touchée. En 2016 déjà, selon l’ONU, le pays avait produit moitié moins de céréales qu’à la normale, couvrant à peine le quart des besoins. Pour 2017, les chiffres devraient être plus catastrophiques encore. En Somalie, où moins de 2 % des sols sont cultivés, la sécheresse a tout épuisé sur son passage. « Une des raisons qui rendent ce pays si fragile sur le plan agricole, c’est que les graines de céréales que nous plantons ne sont pas adaptées à un environnement aride, estime Mohamed Warsame, expert à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur la Somalie. Et pour cause, ajoute-t-il, « elles ne sont pas d’ici, elles ne sont même pas somaliennes ! »
En Somalie, où moins de 2 % des sols sont cultivés, la sécheresse a tout épuisé sur son passage

« Au début des années 1990, poursuit l’expert, les paysans somaliens sont partis en masse se réfugier à l’étranger, fuyant la guerre, laissant tout derrière eux, dont leurs graines, qu’ils avaient cultivées depuis des siècles et qui étaient adaptées à la Somalie. A leur retour, ils n’avaient plus rien et ont planté les semences disponibles venues d’ailleurs, offertes par les organisations humanitaires. Les semences originelles ont été perdues ou mélangées à des semences exogènes. »

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