Dimanche 21 Janvier 2018

Au Somaliland, une sécheresse qui n’en finit pas

Au Somaliland, une sécheresse qui n’en finit pas
(Le Monde 18/12/17)

Le nombre de personnes souffrant de la faim continue d’augmenter. Cette région de la Corne de l’Afrique pourrait connaître une cinquième saison des pluies « au-dessous de la normale ». Gedi s’apprête à reprendre la route vers la frontière éthiopienne. A quoi bon rester ici ? Les pluies ne viendront pas. Il regarde le ciel et la terre poussiéreuse qui n’offre en pâture à ses dromadaires que de maigres cactus et de frêles épineux. La petite saison des pluies qui a commencé en octobre ne s’annonce pas plus généreuse que la précédente pendant laquelle Gedi a perdu près de la moitié de son troupeau. Il lui reste 40 têtes, trop maigres pour être vendues.

Le pasteur, qui ne se dépare pas d’un sourire malgré sa mauvaise fortune, n’a pas dressé sa tente au pied des gros rochers de Laas Geel par hasard. Ici, il y a toujours assez d’eau. C’est ce que raconte la mémoire des nomades depuis des millénaires. Au milieu de cette étendue aride du nord du Somaliland, ce territoire autoproclamé indépendant du reste de la Somalie depuis 1991, les pigments colorés posés sur les imposantes parois de granit rouge témoignent de la présence d’abondants troupeaux, il y a plus de cinq mille ans. Des vaches ornées de parures semblent gambader sous le regard de quelques hommes droits comme des « i » et de petits canidés.

En contrebas du promontoire, l’empreinte de rivières suit les contours de la roche et un maigre filet d’eau atteste d’une nappe qui a traversé les âges. Mais il faudrait que le ciel se mette à pleurer pour que Laas Geel soit fidèle à son passé.

Gedi ne peut plus attendre. Les hommes, pas plus que les bêtes, n’ont assez à manger. « Avant on échangeait du lait contre des céréales mais il m’arrive d’envoyer mes enfants au lit sans manger », explique-t-il, sans se plaindre. Avec sa femme et ses neuf enfants, la famille compte onze personnes. Pour avoir un peu d’argent, il s’est mis à couper des arbres pour faire du charbon de bois qu’il vend en ville à quelques kilomètres de là.
Des précipitations insuffisantes

Depuis l’alerte mondiale lancée en février 2017 par les Nations unies pour prévenir les risques de famine dans cette région de la Corne de l’Afrique, la situation a pu être gérée grâce à l’afflux de près de 700 millions de dollars (591 millions d’euros) d’aide humanitaire sur l’ensemble de la Somalie, dont le Somaliland continue de dépendre officiellement, faute d’avoir été reconnu par la communauté internationale.

Mais alors que l’attention est retombée, tout indique que la population agropastorale, frappée depuis 2015 par les conséquences du phénomène climatique El Niño d’une grande sévérité, pourrait avoir à subir un nouvel épisode de sécheresse. « Nous craignons de revenir à la situation de quelques mois en arrière », s’inquiète Ibrahim Omar Duale, responsable du bureau du Norwegian Refugee Council (NRC) à Hargeisa.

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