Jeudi 23 Novembre 2017

Au Somaliland, une élection présidentielle pour exister

Au Somaliland, une élection présidentielle pour exister
(Le Monde 13/11/17)
Des jeunes femmes du Somaliland montrent leur carte d’électrice à Hargeisa, le 12 novembre 2017. Crédits : LAURENCE CARAMEL/LEMONDE

La région, autoproclamée indépendante de la Somalie depuis 1991, organise sa troisième présidentielle pour conforter un processus démocratique unique dans la Corne de l’Afrique. Aujourd’hui, les Somalilandais iront voter pour élire leur prochain président et ils en sont fiers. Coincé entre Djibouti, l’Ethiopie et la Somalie au sud dont il s’est autoproclamé indépendant en 1991, le Somaliland, cet Etat « de fait », cultive sa différence dans un voisinage tenu par des régimes autoritaires ou fracturé par les tensions claniques et les attentats des Chabab.

« Il n’y a pas de pays plus démocratique dans la Corne de l’Afrique », s’enthousiasme Ahmed Y. Elmi, le chef du protocole du ministère des affaires étrangères dont la cravate verte, blanche et rouge frappée d’une étoile noire claque comme un étendard. A Hargeisa, la capitale, personne, quelles que soient ses opinions, ne le contredirait.

Le président sortant, Ahmed Mohamed Mohamoud Silanyo, dont la fin du mandat a été marquée par la maladie, ne se représente pas. Trois partis sont en compétition. Celui au pouvoir, Kulmiye, dont le candidat Muse Bihi Abdi est un ancien cadre du Mouvement National Somali qui lutta contre le régime de Siad Barre dans les années 1980. Le principal parti d’opposition, Waddani, représenté par le président de la Chambre des représentants, Abdirahman Mohamed Abdullahi, plus couramment appelé Irro. Enfin le Parti de la justice et de la prospérité (UCID), dont le leader Faisal Ali Warabe concourra pour la troisième fois. Sans chance de victoire, selon les experts.
Engagement à respecter le verdict des urnes

Il serait difficile d’établir entre eux de grands clivages idéologiques même si le dernier plaide pour plus d’Etat-providence tandis que les deux autres misent sur le secteur privé pour développer ce territoire grand comme environ l’Angleterre, l’ex-puissance coloniale dont il fut un protectorat jusqu’en 1960. Pour l’instant, le Somaliland – qui n’a été reconnu par aucun gouvernement étranger – n’a de toute façon pas le choix. Avec un budget de 352 millions de dollars en 2017 pour une population estimée de 3,5 millions de personnes, soit 100 dollars par habitant, il ne peut vraiment compter que sur les envois de dollars ou de livres de sa diaspora et le dynamisme de ses hommes d’affaires dont le groupe Dahabshiil, champion du transfert d’argent et du paiement par SMS, est la plus belle vitrine.

Tous trois ont en revanche un point en commun : ils se sont engagés publiquement à respecter le verdict des urnes après s’être pliés à un processus électoral dont le chef des observateurs internationaux, Michael Walls, estime qu’il réunit « toutes les conditions pour que le vote se déroule de manière légitime et réussie ». Soixante observateurs étrangers et 620 observateurs nationaux sont déployés sur tout le territoire où ont été installés quelque 1 600 bureaux de vote.

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