Vendredi 20 Avril 2018

Au Somaliland, le candidat du parti au pouvoir remporte l’élection présidentielle

Au Somaliland, le candidat du parti au pouvoir remporte l’élection présidentielle
(Le Monde 22/11/17)

Après avoir dénoncé des fraudes, l’opposition a accepté de reconnaître la victoire de Musa Bihi Abdi. Il succédera à Ahmed Mahamoud Silanyo qui ne se représentait pas. Le souci de préserver l’acquis démocratique l’aura finalement emporté sur les enjeux partisans au Somaliland. Mardi 21 novembre à 15 h 30 (heure locale), après plus d’une semaine de polémiques et de tensions, la Commission électorale a déclaré Musa Bihi Abdi, candidat du parti au pouvoir Kulmiye, vainqueur de l’élection présidentielle organisée le 13 novembre, avec 55,19 % des voix. Abdirahman Mohamed Abdullahi Irro, candidat de Waddani, principal parti de l’opposition, obtient 40,73 % des suffrages et Faisal Ali Warabe (UCID), troisième candidat en lice, 4,17 %. Le taux de participation s’élève à 80 %.

M. Irro qui avait dénoncé « de nombreuses fraudes » et répété la veille qu’il ne reconnaîtrait pas ces résultats provisoires, a rapidement concédé sa défaite et demander à ses partisans d’être « patients ». « J’ai décidé d’admettre ma défaite pour maintenir l’unité et la paix au Somaliland. Non parce que Kulmiye et Musa Abdi Bihi ont gagné. Je ne détruirai pas ce pays pour mon ambition personnelle ni n’accepterai que le peuple verse son sang pour moi », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Ce scénario n’était pas acquis. Certes, les observateurs déployés par la Mission internationale d’observation des élections tout en faisant état « de problèmes comme la présence d’électeurs âgés de moins de 16 ans [l’âge minimum légal pour participer au scrutin] ou de respect des procédures dans certains bureaux de vote », avaient délivré un satisfecit global sur l’organisation et le déroulement de l’élection. « Nous n’avons observé aucune irrégularité à une échelle qui remettrait en cause l’intégrité du processus électoral », avait déclaré Michael Walls, le chef de ces observateurs, lors d’une conférence de presse donnée le 16 novembre à Hargeisa, la capitale de cette région de Somalie autoproclamée indépendante depuis 1991. Certes, le Forum des acteurs non étatiques du Somaliland, chargé de coordonner le travail des 620 observateurs nationaux, avait également jugé l’élection « libre et équitable ».

Mais M. Irro ne s’était pas montré convaincu et avait pointé « ces morts qui ont voté » et « ces bulletins de vote disparus ». Ses partisans avaient dénoncé une « démocratie clanique » et certains avaient prédit « une guerre civile ».

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