Dimanche 19 Novembre 2017

Au Puntland, les anciens se souviennent d'une terre fertile

Au Puntland, les anciens se souviennent d'une terre fertile
(RFI 04/08/17)
Scène de vie quotidienne au camp Hoodoo à Bur Salah, Somalie. © RFI/Sébastien Nemeth

En Somalie, la sécheresse fait toujours des ravages. La dernière saison des pluies a été décevante et les Somaliens subissent une nouvelle période sèche. Dans la région du Puntland, 1,2 million de personnes sont touchées par la crise, soit plus d'un quart de la population. 380 000 sont en insécurité alimentaire critique et 135 000 sont déplacées depuis janvier. Au camp de Hoodoo, près de Bur Salah, à la frontière éthiopienne, 821 familles sont rassemblées. Parmi elles, des anciens qui ont vu, au fil des temps, la situation climatique se dégrader.

Le vent brûlant de Haggar, la saison sèche, agite son voile bleu et lui font plisser les yeux. Siciido Abdihoosh est une Ethiopienne de 85 ans. Elle a fait 24h de route, depuis sa localité de Bohr, pour venir au camp. La voilà réfugiée, pour la première fois de sa vie.

« J’avais 200 chèvres, 300 vaches, et 200 chameaux. Tous les animaux sont morts. Il ne reste rien. Quand j’étais jeune, on stockait de la nourriture et du lait pour la saison sèche. Quelques bêtes mourraient, mais pas comme aujourd’hui. Je n’ai jamais vu ça. Les sécheresses n'étaient jamais aussi fréquentes ni aussi sévères. Quand j’étais petite, la terre était belle. Mais ça c’est fini. Tout est sec maintenant. »

Un cheich à carreaux rouges autour de la tête, Jamal Khalif Jama vient de Dameer Joog, en Ethiopie, à 7h de marche. Les cheveux blancs, la barbe poivre et sel, il parle presque d’un pays de cocagne aujourd’hui disparu.

« Aaaah, dans le temps on était jamais inquiets. On avait toujours assez. On trouvait des fruits dans les arbres ou dans le sol. Tout était vert, avec des arbres, des pâturages, de l’eau partout. Mais depuis dix ans, le climat a changé. Avant on avait trois mois de pluie. Maintenant on a plus que quelques jours. La terre s’est transformée en sable et les gens n’ont plus que des cailloux à manger. C'est à cause de SIMA. »

Lire la suite sur: http://www.rfi.fr/afrique/20170804-reportage-somalie-puntland-secheresse...

Commentaires facebook