Lundi 23 Octobre 2017

Santé : l’épidémie d’Ebola n’est encore pas finie

Santé : l’épidémie d’Ebola n’est encore pas finie
(Agence d'information d'afrique centrale 18/06/15)

Après la Guinée en janvier et le Liberia un mois plus tard, c’était au tour de la Sierra Léone, mardi 16 juin dernier, de rouvrir ses écoles après huit mois de fermeture pour cause d’Ebola. Cette bonne nouvelle n’annonce toutefois pas la fin de l’épidémie.

En effet, si le Libéria semble s’être libéré du virus, la Guinée et la Sierra Léone connaissent une recrudescence des cas. Médecins du Monde a d’ailleurs regretté la semaine dernière que les leçons de la crise n’aient pas été tirées.

Depuis la mi-mai, le nombre de personnes contaminées par le virus repart à la hausse au Sierra Léone et en Guinée. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’en inquiète. La semaine dernière, elle a fait état de 16 nouveaux cas d’Ebola en Guinée, 15 en Sierra Léone, soit un nombre de malades en augmentation pour la deuxième semaine consécutive. Et la crainte que la situation de crise que nous avons connue l’an dernier ne se répète est très présente.

« Après un net coup d’arrêt, le nombre de cas confirmés d’Ebola repart à la hausse. Depuis le 17 mai, l’intensité et l’aire géographique de la transmission d’Ebola a augmenté », s’inquiète l’OMS.

Dans son dernier compte-rendu, l’Organisation Onusienne a déclaré avoir recensé 31 nouveaux cas pour la première semaine de juin en Guinée et au Sierra Léone, donnant un net coup d’arrêt aux dernières baisses constatées.

Lors d’une conférence organisée du 11 au 13 Juin à Dakar, au Sénégal, la présidente de Médecins du Monde, Joanne Liu s’en inquiétait. L’humanitaire canadienne signalait l’existence d’une trentaine de cas d’infection par Ebola en Guinée. Elle a déploré que l’on puisse reproduire « les mêmes erreurs que par le passé » comme, par exemple, « arriver dans des communautés avec nos kits de protection personnelle, des ambulances, et toujours des communautés qui ne sont pas informées sur ce qu’est Ebola ».

Aliou Boly, représentant de la Croix-Rouge en Guinée a confirmé cette méconnaissance en évoquant les obstacles qui subsistent dans la lutte contre la maladie.

« On présuppose que la communauté a déjà l’information, qu’elle est au courant et que cela va être plus facile. Mais non, c’est toujours la même dynamique. D’abord, le virus entre dans le district. Tout de suite, il y a une réaction violente des habitants face aux humanitaires qui débarquent en force. On passe par une étape de violence, de rejet, de panique. Au bout de 10 à 15 jours, les choses se calment», a-t-il indiqué.

Suite à la persistance de l’épidémie dans certaines zones en Guinée et en Sierra Léone, le président guinéen Alpha Condé et son homologue sierra-léonais Ernest Bai Koroma ont décidé de « proroger les mesures d’urgence sanitaire renforcée dans leurs pays respectifs jusqu’au 30 juin », indiqué un communiqué publié par la présidence guinéenne.

Yvette Reine Nzaba

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