Vendredi 24 Novembre 2017

Sierra Leone: l'ONU réclame un renforcement de la lutte contre la pollution

Sierra Leone: l'ONU réclame un renforcement de la lutte contre la pollution
(AFP 26/08/17)
Baskut Tuncak, expert de l'ONU

Un expert de l'ONU a exhorté vendredi la Sierra Leone à lutter plus vigoureusement contre les conséquences néfastes pour la santé et l'environnement du développement industriel, réclamant un meilleur encadrement des secteurs minier et agricole notamment.

Touchée par des inondations qui ont fait plus de 500 morts et 810 disparus le 14 août, la population de la capitale, Freetown, est également menacée par la plus grande décharge de la ville, a averti l'expert, Baskut Tuncak, à l'issue d'une visite de deux semaines dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, l'un des plus pauvres du monde.

La décharge de Kissy, dans l'est de la ville, "pose un risque pour la santé car des déchets contaminés s'écoulent jusqu'à l'océan, menaçant la vie des communautés et la flore et la faune marine", a expliqué M. Tuncak lors d'une conférence de presse à Freetown.

Il a exhorté les autorités à "déplacer cette décharge pour éviter une catastrophe".

Lors de sa visite dans le pays, il a notamment pu entendre de "nombreuses allégations d'appropriation de terre par Socfin", société luxembourgeoise qui produit de l'huile de palme en Sierra Leone et dont le groupe français Bolloré est l'actionnaire majoritaire, a-t-il souligné.

"Pendant ma visite, il est également apparu clairement que le gouvernement doit accorder une plus grande attention aux problèmes des mines, artisanales ou industrielles".

L'envoyé de l'ONU a exprimé sa "sérieuse inquiétude" quant à "l'accès à la justice des personnes et des communautés pour défendre leurs droits et obtenir des réparations".

"La Sierra Leone a un besoin urgent de lois sur le travail, les pesticides et les produits chimiques, dont elle ne dispose pas actuellement", a dit l'expert de l'ONU, en réclamant en outre une plus grande transparence sur les contrats passés entre les autorités et les groupes industriels exploitant les terres.

M. Tuncak a par ailleurs souligné le manque de données fiables sur les émissions de produits polluants et incité le gouvernement à mettre en place un "suivi sérieux de la pollution de l'eau, de l'air et de la nourriture, des conditions de travail et de la situation sanitaire" dans le pays.

L'expert a aussi plaidé pour que les autorités reconnaissent le "rôle de la société civile pour assurer un développement durable".

M. Tuncak, qui a présenté ses propositions au gouvernement et dont le rapport final est attendu en septembre 2018, ne s'est pas prononcé lors de la conférence de presse sur l'impact environnemental et pour la santé des inondations catastrophiques du 14 août.

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