Jeudi 25 Mai 2017

Sierra Leone : le «diamant divin» cherche toujours acquéreur

Sierra Leone : le «diamant divin» cherche toujours acquéreur
(La Tribune 12/05/17)

La Sierra Leone a finalement décidé de vendre son plus grand diamant sur le marché mondial, faute de trouver localement un prix convaincant. Les enchères ont atteint ce jeudi plus de 7 millions de dollars, mais pas le prix fixé par le gouvernement sierra-léonais.
Sept millions une fois, sept millions deux fois... pas encore vendu. Le «diamant divin», comme on surnomme la trouvaille, est toujours logé dans les coffres-forts de la banque centrale sierra-léonaise à Freetown, la capitale du pays où il a été placé depuis sa découverte en mars dernier, en attendant un acheteur convaincant. Les enchères qui se sont tenues en Sierra Leone sont jusque-là jugées décevantes par les autorités du pays.

En vente sur le marché mondial
Il y a eu beaucoup d'offres, mais le prix minimum fixé par le gouvernement sierra-léonais n'est toujours pas atteint. Ce jeudi, un Britannique du nom de Ziad al-Ahmad, responsable d'une société spécialisée dans la vente de diamants, s'est vu refuser son offre de 7,7 millions de dollars. Avant lui, d'autres acheteurs se sont manifestés et ont enchéri de 2 et 5,2 millions de dollars, mais aucun n'a eu le privilège de s'offrir ce précieux caillou de 709 carats. Faute de trouver un prix convaincant sur son sol, la Sierra Leone a finalement décidé de commercialiser sa prise sur le marché international, plus précisément à Anvers en Belgique, plaque tournante du marché mondial des diamants bruts et taillés.

«Nous allons vendre le diamant en Belgique, à Anvers, pour obtenir le meilleur prix, dans les prochaines semaines», a déclaré à la presse locale le directeur général de l'Agence nationale des Mines du pays (NMA), Sahr Wonday. Cependant, le gouvernement refuse pour l'heure de communiquer l'estimation de ce diamant qui serait entre le 10e et le 15e plus gros jamais trouvés dans le monde, selon des experts.

Pas moins de 50 millions de dollars
Mais le pasteur évangélique Emmanuel Momoh, propriétaire de l'entreprise de prospection minière qui a découvert la pierre dans la province diamantifère de Kono dans l'est du pays, est un peu plus précis. «Je veux que mon diamant soit vendu à l'étranger afin d'en tirer le meilleur prix, pour que le plus grand nombre possible de personnes en bénéficient», a déclaré le pasteur à l'AFP. Il réclame pas moins de 50 millions de dollars. Mais pas si sûr que le plus gros diamant découvert en Sierra Leone depuis un demi-siècle soit vendu à ce prix.

L'estimation est déjà jugée très élevée par Ziad al-Ahmad, l'acheteur de pierres précieuses le plus offrant actuellement sur le marché. Il faut noter que si le pays semble vouloir faire preuve de prudence et de transparence autour de cette vente, c'est parce que le trafic de diamants a laissé un douloureux souvenir aux Sierra-Léonais. Entre 1992 et 2001, le pays a plongé dans une guerre civile meurtrière alimentée par le commerce des «diamants du sang».

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