Lundi 23 Avril 2018

Sierra Leone: la société civile contre la suspension du 2e tour de la présidentielle

Sierra Leone: la société civile contre la suspension du 2e tour de la présidentielle
(APA 26/03/18)

APA-Freetown (Sierra Leone)- Les organisations de la société civile sierra-léonaise ont qualifié de « frustrante et déprimante » la décision de la Haute Cour de suspendre la tenue du second tour de la présidentielle initialement prévue le 27 mars 2018.

Dans un communiqué de presse, les dirigeants de la société civile, qui ont appelé à la tenue de l’élection, ont averti que cet échec nuirait au cheminement du pays vers la gouvernance démocratique. Ils ont également critiqué le rôle du pouvoir judiciaire dans ce qu’ils décrivent comme « des efforts apparents pour étouffer le processus démocratique ».

Signé par plus de 20 organisations de la société civile, le communiqué précise qu’elles étaient particulièrement préoccupées par le fait que la Haute Cour a décidé de suspendre le processus électoral deux jours avant la date prévue, alors que la Commission électorale procédait à la distribution du matériel électoral.

« Cette décision va non seulement frustrer la grande majorité des citoyens qui ont déjà beaucoup sacrifié au cours de ce processus, mais affecter négativement les opérations de la Commission électorale (NEC) et, en fin de compte, miner nos acquis démocratiques durement obtenus » peut-on lire dans le communiqué.

Cette suspension provisoire, prononcée tôt samedi par la Haute Cour de Freetown, ordonne à la Commission électorale nationale (NEC) d’arrêter tout préparatif pour les élections, en attendant une décision finale attendue le lundi 26 mars, veille du second tour.

La requête a été introduite par un membre du All People’s Congress (APC), qui s’est dit insatisfait de la tenue du premier tour de la présidentielle du 7 mars et souhaite que la NEC réponde à plusieurs revendications pour s’assurer qu’elle est apte à organiser le second tour.

La société civile a déclaré que la décision de la Cour rappelait le rôle joué par le pouvoir judiciaire dans l’histoire récente du pays, notamment les onze années de guerre civile, lorsqu’elle n’était pas montée au créneau contre la tyrannie de l’Etat.

« La société civile est préoccupée par le fait qu’après 15 ans de consolidation de la paix après les conflits et le grand investissement dans la réforme judiciaire, nous attendons de notre système judiciaire qu’il corrige son passé », poursuit le communiqué.

Par ailleurs, la NEC est revenue sur sa décision précédente de poursuivre les préparatifs des élections malgré la décision du tribunal. La Commission a déclaré qu’elle avait décidé d’arrêter le processus après avoir reçu l’ordre du tribunal par écrit.

Selon un porte-parole de la NEC, même si le tribunal décide que l’élection doit avoir lieu, il est peu probable que cela se fasse compte tenu de la perturbation due à cette suspension de la Haute Cour.

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