Vendredi 20 Octobre 2017

Paul Derreumaux : « l'Europe devrait structurer sa politique africaine »

Paul Derreumaux : « l'Europe devrait structurer sa politique africaine »
(La Tribune 12/09/17)
Paul Derreumaux, le fondateur de Bank of Africa

Désormais installé à Bamako, Paul Derreumaux jette un regard prospectif sur les économies africaines. Soulevant les blocages structurels et les écueils de gouvernance, il prévoit des écarts de plus en plus marqués entre des Etats, menacés par une croissance démographique galopante et un risque terroriste fort. Entretien avec Paul Derreumaux, le fondateur de Bank of Africa (BOA).

LTA : Depuis que vous avez quitté vos fonctions de directeur exécutif de Bank of Africa Group, comment occupez-vous votre temps ?

Paul Derreumaux : J'écris des articles et je tiens un blog. Parallèlement, je suis administrateur et président de diverses sociétés. Je viens d'être nommé président d'un nouveau fonds d'investissement dédié au secteur financier, Yeelen (lumière en bambara, NDLR), basé à l'île Maurice, sponsorisé par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD, NDLR) et dont le périmètre couvre les 8 pays de l'UEMOA.

A un niveau plus opérationnel, j'ai créé une société familiale de gestion d'actifs il y a 3 ans, Lawrence Capital, orientée vers des investissements de sociétés cotées -africaines ou non- qui investissent sur le Continent. Parallèlement, je m'implique dans l'immobilier au Mali à travers la société Lawrence immobilier et bientôt en Côte d'Ivoire, pour construire des maisons d'habitations de moyen standing. Enfin, je suis toujours administrateur de la Holding BOA et président de BOA Mali où je réside, ainsi que président de BOA France (la société financière française du groupe, NDLR).

Aujourd'hui, peut-on toujours parler de «l'économie africaine» ?

On parlera de moins en moins souvent de l'Afrique en terme global, car les différentes régions vont connaître des évolutions spécifiques avec des écarts de plus en plus marqués. La qualité des options politiques et économiques est variable tout comme la capacité d'appréhender l'avenir dans chaque pays. Il faudra engager des réformes et des mutations structurelles profondes, avec une ferme volonté de réalisations concrètes, et cela se fera aussi à des rythmes variables.

Quel regard portez-vous sur le net ralentissement de la croissance depuis 2016 ?

La croissance de 2016 a été évaluée autour de 1,5%, c'est-à-dire beaucoup moins que la moyenne mondiale, mais aussi bien moins que la croissance démographique qui représente aujourd'hui plus de 2% par an en Afrique subsaharienne. Cette situation a provoqué la baisse du niveau de vie par habitant pour la première fois depuis le début du siècle ! Les perspectives pour 2017 sont un peu plus encourageantes avec une estimation de 2,5%, favorisée par le redressement des cours des matières premières -hormis le cacao.

Par ailleurs, la situation de la Chine s'est consolidée, ce qui lui permet de rester très active dans son commerce et dans ses investissements. Il y a des signes d'amélioration, mais certains blocages perdurent comme en Côte d'Ivoire notamment qui reste un pilier de la croissance régionale et dont les tensions de 2017 devraient avoir des répercussions négatives sur cette croissance.

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