Drogue : quel obstacle plomberait les actions de la brigade anti-drogue NDEA sur l’Archipel ? | Africatime
Mardi 28 Mars 2017

Drogue : quel obstacle plomberait les actions de la brigade anti-drogue NDEA sur l’Archipel ?

(Seychelles News Agency) - Les Seychelles, archipel de l’Océan Indien de 90 000 habitants, mènent depuis plusieurs années une lutte contre les trafiquants de drogue. La brigade anti-drogue NDEA, a saisi l’année dernière pour plus de 3 millions de dollars de stupéfiants. Les Seychelles, qui sont un archipel de 115 îles, en plein milieu de l’Océan Indien, sont entièrement entourées par la mer rendant difficile le contrôle des produits illicites qui entrent dans le territoire.
Le pays mène en parallèle un autre combat qui est celui d’aider les toxicomanes à sortir de leur dépendance.
A l’occasion de la journée internationale de la lutte contre la drogue, l’Alliance Française des Seychelles a invité le Dr David Mété chef du service d’Addictologie, du CHU Félix Guyon de Saint-Denisde la Réunion pour réaliser une semaine d’actions et d’interventions sur la problématique des addictions et notamment de l’héroïne aux Seychelles. Le ministère de la sante des Seychelles a parallèlement invité des experts des Nations Unis à participer à la journée internationale de la drogue et s’est rapproché du CHU Felix Guyon afin d’envisager une action de coopération ultérieure.

La Réunion est un département français d’Outre-mer, du sud de l’Océan Indien, qui a un peu les mêmes spécificités que les Seychelles, étant toutes les deux des îles.
Le Dr Mété s’est donc rendu aux Seychelles dans le but de recueillir les besoins dans le domaine des addictions et voir de quelle manière le Centre Hospitalier Universitaire pourrait contribuer à aider les Seychelles dans leur lutte contre la drogue.
Les derniers chiffres publiés indiquaient que la consommation d'héroïne aux Seychelles, archipel de l’Océan Indien, de 90 000 habitants, est une préoccupation majeure.

Selon les estimations d’une étude réalisée en 2011 sur l'injection de drogue dans le pays menées par le ministère de la Santé, on estimait à environ 1 000 le nombre de consommateurs d'héroïne dans le pays
Ces statistiques ont conduit le rapport mondial des Nations Unies sur les drogues de 2013, à conclure que les Seychelles ont l'un des taux les plus élevés au monde de consommation de drogues par voie intraveineuse.
« L’addiction est la pathologie que l’on soigne le moins dans le monde… » a déclaré le Dr Mété. Les cancers sont soignés, le diabète est soigné … La maladie que l’on soigne le moins partout dans le monde, y compris aux États-Unis ou en France c’est l’addiction. 10% seulement des gens qui souffrent d’addiction dans le monde sont diagnostiqués et insuffisamment soignés » a-t-il ajouté.

« J’ai rencontré aux Seychelles des professionnels qui travaillent dans le domaine des addictions qui sont des gens qui ont de grandes compétences et des connaissances qui sont tout à fait en adéquation avec les connaissances scientifiques internationales dans le domaine. Ce sont des gens pointus.
Il y a des manques de 2 ordres aux Seychelles dans sa politique de prise en charge des addictions relatives à l’héroïne. D’une part, concernant la mise à disposition large à l’ensemble des usagers d’héroïne de systèmes à moindres risques, tels que les kits d’échange de seringues. Mais aussi la possibilité dans le domaine du traitement d’avoir une mise à disposition plus importante de la méthadone ou d’autres moyens de substitutions qui puissent toucher la majorité des usagers. Donc avoir davantage de centres. »

Pour l’instant le ministère de la santé aux Seychelles distribue de la méthadone uniquement aux patients qui suivent un traitement au « Welness Center » et aussi à l’hôpital des Seychelles.
L’archipel a aussi sollicité le soutien technique des Nations unies pour effectuer une évaluation sur la situation des Seychelles face à la drogue.
« On va travailler avec la DAC (Conseil Drogue et Alcool) pour faire une étude et collecter les renseignements sur le terrain. Il est important de faire des études périodiquement dans l’idée de développer une réponse adaptée » a déclaré Sylvie Bertrand, conseillère régionale à l’ONUDC spécialiste VIH/SIDA dans le mandat usagers de drogues et prisons, lors d’une interview accordée à la SNA.
" On a visité beaucoup de pays et j’ai rarement vu un engagement aussi important au niveau ministériel. Les gens sont extrêmement engagés… Il y a un dévouement total du personnel technique dans différents ministères… Nous avons bien compris que les Seychelles ont un véritable défi à relever, notamment en matière de développement des ressources humaines et de l’expertise au niveau local".

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