Seychelles: le président James Michel réélu sur le fil une troisième fois | Africatime
Mardi 17 Janvier 2017

Seychelles: le président James Michel réélu sur le fil une troisième fois

Seychelles: le président James Michel réélu sur le fil une troisième fois
(AFP 21/12/15)

Le président des Seychelles James Michel a été réélu samedi pour la troisième fois, au terme d'un scrutin si serré que son adversaire Wavel Ramkalawan a demandé un nouveau décompte des voix, lors d'un second tour inédit pour une élection présidentielle dans cet archipel de l'océan Indien.

M. Michel, 71 ans, candidat de Lepep ("Le peuple", en créole), le parti au pouvoir depuis le retour du multipartisme en 1993, a recueilli 31.512 voix (50,15%), contre 31.319 (49,85%) à M. Ramkalawan, chef du Parti national des Seychelles (SNP), qui a immédiatement contesté ce résultat.

La différence en nombre de voix est de 193. Jamais une élection présidentielle aux Seychelles ne s'était décidée sur une marge aussi infime. C'était la première fois depuis 1993 que Lepep était poussé à un second tour.

Jusque-là, le parti de M. Michel - issu de l'ancien parti unique - avait toujours remporté la présidentielle dès le premier tour, avec au moins 53% des voix.

"Aujourd'hui, le peuple a parlé. Il a fait son choix. Il a dit qu'il souhaitait que je continue sur la voie que j'ai ouverte (...), que je continue à mener les Seychelles vers la stabilité, la paix et la prospérité", a déclaré M. Michel, en poste depuis 2004, après l’annonce de sa réélection.

Réélu pour un troisième mandat de cinq ans, le dernier que lui autorise la Constitution, M. Michel a demandé à ses concitoyens de respecter le choix des urnes.

Le calme régnait samedi matin dans les rues de Victoria, la capitale, située sur l'île principale de Mahé. Les Seychellois étaient dans l'attente de la décision des partis d’opposition, qui devaient se réunir dans la journée pour définir la conduite à adopter.

Candidat pour la cinquième fois, M. Ramkalawan, 54 ans, un pasteur anglican qui avait rallié derrière lui toute l'opposition pour le second tour, a déclaré qu'il "n'accept(ait) pas le résultat des élections" après avoir constaté "plusieurs irrégularités".

- Large mobilisation -

Il a annoncé avoir "écrit au président de la Commission électorale pour qu’il y ait un recomptage de tous les bulletins de vote", tout en appelant ses supporteurs à rester calmes.

Un contentieux porterait sur le district d’Anse aux Pins, sur la côte est de Mahé, où l’opposition avait gagné lors d'un premier comptage, avant que le résultat s'inverse lors d'un second décompte.

Comme au premier tour (87,4%), les Seychellois se sont largement mobilisés au second tour, avec un taux de participation de 86,8%.

M. Michel avait raté de peu l'élection au premier tour début décembre en recueillant 47,76% des voix. M. Ramkalawan n'avait obtenu que 35,33%, mais il a assez largement puisé dans les suffrages (14,19%) du troisième homme, Patrick Pillay, pour presque refaire son retard.

M. Pillay, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Santé du président Michel, avait récemment claqué la porte de Lepep avec d'autres cadres pour fonder Lalyans Seselwa ("L'alliance seychelloise", en créole).

Confronté à cette fronde au sein de son parti, M. Michel avait décidé d'avancer ce scrutin présidentiel, initialement prévu au premier semestre 2016, pour se donner une nouvelle légitimité.

Mais le président, qui avait vanté son bilan économique ayant permis de sauver les Seychelles de la quasi-faillite dans laquelle ce pays se trouvait fin 2008, en sort fragilisé. Il a obtenu la majorité dans 13 districts, contre 12 pour l'opposition.

Celle-ci ne compte qu'un député à l'Assemblée nationale, le SNP ayant boycotté les élections législatives de 2011. Mais sur sa lancée, elle peut espérer remporter de nombreux sièges lors des prochaines législatives prévues au premier semestre 2016.

M. Michel était devenu chef de l'Etat en 2004 en succédant selon la Constitution à France-Albert René, dont il était le vice-président - ce dernier ayant démissionné avant l'expiration de son mandat.

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