Lundi 21 Août 2017

Bientôt un plan d’action national pour en finir avec le mercure

Bientôt un plan d’action national pour en finir avec le mercure
(APS 02/03/17)

Le Sénégal va bientôt se doter d’un plan d’action national devant lui permettre de réduire considérablement voire d’en finir avec l’utilisation du mercure dans le secteur de l’orpaillage traditionnel, a appris l’APS.

"L’urgence est de disposer de ce plan d’action national, pour définir les rôles et les responsabilités pour les activités qui seront listés et de voir les coûts financiers qui pourront être attribués à l’exécution de ces tâches afin que, d’ici un horizon proche, nous puissions réduire, voire éliminer l’utilisation du mercure dans le secteur de l’orpaillage", a préconisé, la cheffe de la division prévention et nuisance à la Direction de l’environnement et des établissements classés (DEEC).

Mme Seck s’adressait à la presse, mercredi, à Dakar, en marge d’un atelier régional de lancement du Projet de développement d’un plan d’action national relatif à l’utilisation du mercure dans le secteur de l’extraction minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) au Mali et au Sénégal

Un comité national de pilotage sera mis en place, composé d’autorités administratives, des ministères clés en charge des activités de l’exploitation minière artisanale à petite échelle, des acteurs locaux officiant dans l’orpaillage dans les régions de Kédougou et Tambacounda.

Il est également prévu un comité de pilotage local regroupant les acteurs concernés des zones d’orpaillage, directement ou indirectement impliqués dans cette activité, a dit Mme Seck.

Cette structure aura pour mission de "suivre l’exécution de l’activité du projet en termes d’inventaire du mercure dans le secteur de l’orpaillage, d’évaluation de l’impact environnemental dans ces communautés d’orpailleurs, de stratégie de communication et de sensibilisation à entreprendre pour une forte adhésion des populations’’, a-t-elle expliqué.

Une fois les activités retenues validées et exécutées au niveau local, les documents s’y rapportant seront transmis à l’échelle nationale, pour approbation par le comité national de pilotage.

"L’objectif est de s’en sortir avec un plan national du secteur de l’EMAPE, approuvé par les structures concentrées et transmis au secrétariat de la convention de Minamata, dont l’entrée en vigueur est effective en 2016", a indiqué la cheffe de division nuisance et pollution à la Direction de l’environnement et des établissements classés.

Concernant l’impact du mercure sur les ressources naturelles, des études ont montré que dans les zones minières, "il y a autant de préjudices" sur le paysage et la biodiversité, au point que celle-ci s’en trouve observée, a-t-elle renseigné.

Selon Aïta Sarr Seck, l’utilisation du mercure a un ’’impact réel’’ sur l’environnement et les populations. "Les orpailleurs utilisent cette substance la plupart du temps au niveau des frontières. Il n’y a pas un contrôle effectif" à cet effet, a-t-elle déploré.

Elle a donné l’exemple de l’accident enregistré à la baie de Minamata, au japon, à l’origine de la convention du même nom, portant sur l’interdiction progressive du mercure.

Au Japon, entre 1930 et 1968, une usine fabricant du plastique a rejeté d’importantes quantités de produits contenant du mercure dans la baie de Minamata.

Les habitants de la région, se nourrissant de poissons et fruits de mer locaux, ont alors souffert de la maladie dite de Minamata dont les effets se manifestent par des difformités physiques et des maladies mentales.

Suite à cet accident, plus d’un millier de personnes en sont mortes et aujourd’hui encore, plus de 3000 personnes en souffriraient.

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