Mardi 23 Janvier 2018

Il était une fois Mamadou Ndiaye, le Sénégalais qui guérissait Roubaix et au-delà

Il était une fois Mamadou Ndiaye, le Sénégalais qui guérissait Roubaix et au-delà
(Le Monde 18/12/17)
Mamadou Ndiaye a délivré 54 000 attestations médicales au cours de sa carrière à Roubaix. Crédits : NORD ECLAIR / MAXPPP

L’histoire romanesque de ce chiropracteur à succès durant trois décennies a ressurgi avec la découverte d’un vitrail à son effigie dans un dépôt-vente. C’est une pièce hautement symbolique pour les habitants de Roubaix, dans le nord de la France, qu’a acquis, pour 150 euros, le musée local La Piscine, début octobre. Un vitrail de 60 cm de haut sur 45 cm de large à l’effigie de Mamadou Ndiaye, un guérisseur sénégalais disparu en 1985 et dont la renommée s’était étendue jusqu’en Belgique entre les années 1960 et 1980. « Plus que la valeur de l’œuvre, c’est l’histoire de ce personnage romanesque qui nous a intéressés », confie Bruno Gaudichon, le conservateur du musée.

L’œuvre, en parfait état, figure, outre Mamadou Ndiaye en costume cravate, un drapeau du Sénégal et un baobab en arrière-plan. Elle a été trouvée fortuitement dans un dépôt-vente par Germain Hirselj, 34 ans, régisseur de musée et administrateur de la Société des amis de La Piscine. Au bas du vitrail conçu tel un ex-voto, on lit la dédicace suivante, signée la « Marquise » : « Au cher Monsieur Mamadou qui m’a sauvé la vie. » Un vrai hommage à ce chiropracteur non diplômé qui avait l’art de guérir miraculeusement les douleurs des vertèbres. « Je connais vaguement l’histoire de Mamadou. Mais mon père l’a connu et a même eu affaire à lui pour de grosses douleurs dans le dos. Mamadou a été un quelqu’un de très populaire ici », explique Germain Hirselj.

C’est Agnès Sinko, une habitante de la commune voisine de Wattrelos, qui a possédé l’œuvre pendant trente-deux ans, avant de l’abandonner à un brocanteur. Elle l’avait achetée, ainsi que trois autres portraits, lors de la vente aux enchères des affaires de Mamadou Ndiaye à la mort de celui-ci. « Il avait soulagé mon mari après un tour de reins. Puis, quelques années plus tard, il a eu une entorse. Les médecins lui ont dit qu’il ne pourrait plus marcher normalement… Et là encore, Mamadou l’a soulagé », a-t-elle confié au quotidien local La Voix du Nord.

L’un des tout premiers Africains de la ville

Né en 1909 à Diourbel, au Sénégal, Mamadou Ndiaye s’installe à Roubaix en décembre 1931, au quartier du Pile, après avoir travaillé pendant neuf ans comme moussaillon à bord de navires de la marine marchande. A cette époque, le Sénégal est encore une colonie française et l’immigration est surtout polonaise. « Au moment où Mamadou Ndiaye s’installe à Roubaix, il n’y avait pas encore beaucoup de Noirs. On peut dire qu’il fait partie des premiers Africains de la ville », explique Bruno Gaudichon.

Alors âgé de 22 ans, Mamadou Ndiaye apprend très rapidement le français auprès d’un missionnaire à Tourcoing, avant de se convertir à la boxe en suivant des cours au centre régional d’éducation physique à Roubaix. Il fonde dans les années 1950 le Boxing Club colonial de Roubaix. Dans le même temps, il se découvre un talent de guérisseur et exerce la chiropractie, une pratique manuelle non conventionnelle qui traite les douleurs vertébrales.

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