Mardi 12 Décembre 2017

HAUSSE DU PRIX DE L’OIGNON Une réunion d’évaluation entre acteurs convoquée vendredi

HAUSSE DU PRIX DE L’OIGNON Une réunion d’évaluation entre acteurs convoquée vendredi
(Enquête 10/08/17)
Des sacs d'oignons.

Une rencontre entre les autorités en charge du Commerce, l’Autorité de régulation des marchés (Arm), les producteurs et les commerçants est prévue ce vendredi, afin de statuer sur la question de l’oignon local qui a connu une hausse considérable ces derniers jours. C’est ce qu’a indiqué hier le directeur général de l’Arm, Amadou Abdoul Sy, joint par téléphone par EnQuête.

Le prix du kilogramme de l’oignon local, la seule variété disponible sur le marché sénégalais depuis le gel des importations en février dernier, a connu une augmentation. Il est passé de 300 à 600 F Cfa, ces derniers jours. Une hausse qui, selon le directeur général de l’Autorité de régulation des marchés (Arm) Amadou Abdoul Sy, est liée à la période. ‘’Nous sommes à la fin de la campagne de commercialisation de l’oignon. Il n’y a qu’une seule variété présente sur le marché et c’est celle cultivée à Potou’’, a-t-il expliqué dans un entretien téléphonique avec EnQuête. Le Dg de l’Arm ajoute que cette situation est également justifiée par les éléments de production.

‘’Actuellement, dit-il, on a un produit cultivé avec l’eau de la Sde qui est trop chère. Concernant les moyens de transport, quand il commence à pleuvoir, pour atteindre les périmètres, c’est extrêmement difficile. Les coûts du transport sont exorbitants. Tous ces éléments font que le produit se raréfie et la production est un peu inférieure ou juste égale à la demande’’.

Pour faire face à cette équation, M. Sy informe qu’une ‘’réunion entre acteurs est prévue ce vendredi’’. Toutefois, il souligne que la ‘’demande de la Tabaski n’est pas encore en jeu’’. ‘’A l’issue de cette rencontre, on adoptera une position pour que le marché soit bien approvisionné en cette période et que les prix soient corrects’’, renseigne le Dg de l’Arm.

La tutelle craint une inflation

Si Amadou Abdoul Sy rassure les ménages sur l’approvisionnement en oignon pour les besoins de l’Aïd El-Kebir prévue dans moins d’un mois, du côté de la tutelle, on craint une inflation. ‘’L’oignon ce faisant rare, forcément, les prix vont augmenter. Donc, c’est la loi du marché. Maintenant, c’est la période de transition entre le moment où les stocks de l’oignon local sont en train d’être épuisés et celui où on va ouvrir les importations à partir du 30 août. Vu que cette date sera à quelques jours de la Tabaski, il est clair que la demande sera très forte et les prix risquent de grimper’’, confie le chef de Service régional du commerce, Oumar Diallo.

En effet, selon lui, ce qu’il est possible de faire, ‘’c’est la régulation’’. Cela, en ouvrant le marché pour que les importations viennent ‘’aider à renforcer’’ la capacité de l’offre et ‘’diminuer le prix’’. ‘’Et ça, nous y sommes. Parce que nous n’allons pas attendre le 30 août pour demander que les gens importent. Actuellement, l’oignon est sous-douane. Le jour où on le dégèlera, en 24 heures, l’oignon sera disponible massivement sur le marché. Le stock qui était en stand-by dans la zone des Niayes est en train d’être positionné’’, fait savoir M. Diallo.

800 tonnes sont consommées, chaque jour, par les ménages

En réalité, souligne une autre source du ministère du Commerce, également en charge de la promotion des produits locaux, ‘’on est conscient’’ de cette augmentation du prix de l’oignon. ‘’Des mesures idoines seront prises à temps pour éviter la situation qui a prévalu lors la fête de Korité. On veut permettre aux producteurs d’écouler leurs stocks, en gelant les importations. Et il y a cet équilibre qu’on est en train de rechercher, mais qui est difficile à trouver. Néanmoins, il faut qu’on agisse sur l’offre’’, indique notre interlocuteur.

Il faut noter qu’au Sénégal, hormis les fêtes durant lesquelles la demande est en hausse, l’oignon est consommé en grande quantité. Au moins 800 tonnes sont consommées, chaque jour, par les ménages et 25 000 t par mois.

MARIAMA DIEME

Commentaires facebook