Vendredi 15 Décembre 2017

Aérien : Air Sénégal échappera-t-elle au cimetière des compagnies ?

Aérien : Air Sénégal échappera-t-elle au cimetière des compagnies ?
(Jeune Afrique 06/12/17)

Avant le lancement d’Air Sénégal, le pays a connu en quinze ans deux échecs retentissants.

C’est une triste loi des séries que Philippe Bohn et Jérôme Maillet devront faire oublier s’ils veulent assurer la crédibilité, donc la pérennité, d’Air Sénégal. Depuis la cessation des activités d’Air Afrique en 2002, deux compagnies nationales ont successivement mis la clé sous la porte : Air Sénégal International (2001-2009) et Sénégal Airlines (2011-2016).

Après des débuts prometteurs, qui en avaient fait la principale compagnie d’Afrique de l’Ouest, la première a été sabordée à la suite de différends entre l’État sénégalais et son partenaire stratégique, Royal Air Maroc (RAM), qui détenait 51 % du capital. Dans la précipitation, les autorités sénégalaises créent aussitôt une nouvelle compagnie, dont le capital –17 milliards de F CFA (environ 26 millions d’euros) – est réparti entre l’État et des investisseurs privés. Mais ces derniers libéreront seulement une fraction du capital, lequel apparaît nettement insuffisant pour asseoir une compagnie aérienne sur un marché devenu très concurrentiel.
Surendettement spectaculaire

Sous-capitalisée, tributaire de choix stratégiques discutables quant aux lignes desservies (le vol direct Dakar-Paris n’a jamais été exploité) ou au type de contrats de location de ses appareils, Sénégal Airlines s’enfonce rapidement dans un surendettement spectaculaire (65 milliards de F CFA). Malgré ses intentions affichées de faire du futur aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) un hub aérien régional de premier plan, l’État sénégalais reste comme prostré, assistant sans vraiment réagir à la descente aux enfers du pavillon national, qui finira par cesser toute activité en avril 2016.

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