Samedi 16 Décembre 2017

Un dimanche à Kigali, du mémorial du génocide à « l’hôtel des mille combines »

Un dimanche à Kigali, du mémorial du génocide à « l’hôtel des mille combines »
(Le Monde 08/08/17)
Une famille se promène à l’extérieur du mémorial du génocide, à Kigali, le 30 juillet 2017. Crédits : MARCO LONGARI/AFP

Promenade dans la capitale rwandaise, où les stigmates de la tragédie de 1994 côtoient des lieux pleins de vie, tournés vers l’avenir. Qu’il s’agisse d’un séjour touristique (visite du parc de l’Akagera à l’est, rencontre avec les gorilles de montagnes au nord...) ou dans le cadre d’un voyage d’affaires (selon le dernier classement de l’International Congress and Convention Association, la capitale rwandaise figure à la troisième place en Afrique par le nombre de congrès accueillis), Kigali est un passage obligé quand on se rend au Rwanda.

Ce pays, qui vient de réélire massivement Paul Kagamé à sa tête vendredi 4 août, a connu l’enfer d’un génocide en 1994. Vingt-trois ans plus tard, son image est diamétralement opposée de celle que s’en font encore certains Occidentaux. C’est un pays stable, jeune, tourné vers les nouvelles technologies et obnubilé par son développement ultra-rapide.

A l’image de ce pays grand comme l’Auvergne, sa capitale, Kigali, est accueillante. Visite guidée.

Au lever du jour

Les Rwandais se lèvent très tôt, généralement entre 5 h 30 et 6 heures, y compris le week-end. A l’aube, il fait bon se promener dans les rues vallonnées de Kigali, l’une des capitales les plus sûres d’Afrique, située à environ 1 500 m d’altitude et entourée de collines. L’air y est frais, idéal pour un jogging ou une simple balade méditative.

S’il est une chose qui surprend quand on arrive, c’est la propreté de cette capitale. Les haies et les arbustes sont parfaitement alignés, il n’y a pas un papier, pas un mégot (les fumeurs sont très rares) qui jonche le sol. De nombreux feux de circulation fonctionnent avec un décompte à l’américaine, les automobilistes attachent leur ceinture, les motards portent des casques… Bref, le laisser-aller n’a pas vraiment sa place dans les rues de Kigali, où les policiers affichent une tolérance zéro. Le visiteur respectueux veillera donc à traverser aux passages pour piétons et à ne pas piétiner les parterres de fleurs des terre-pleins centraux.

Fondée en 1907 pendant la colonisation allemande par Richard Kandt, la capitale du Rwanda s’étire aujourd’hui sur plusieurs collines. Les rues ne portent pas de noms mais des lettres et des numéros. Pour se déplacer, il vaut donc mieux citer un hôtel, une administration, une ambassade ou un grand magasin comme repères. Le plus simple est d’utiliser les motos-taxis, en demandant au chauffeur de conduire « slowly ». Partout et à toute heure, ce dernier vous prêtera un casque, qu’il est obligatoire de porter. On peut aussi se déplacer en bus, dont certains sont même équipés du WiFi. Kigali est aujourd’hui totalement connectée à Internet.

La capitale, qui compte près d’un million d’habitants, est en perpétuelle mutation. Pour agrandir certaines artères, notamment près de la gare routière, des dizaines de maisons vont être rasées et leurs habitants déplacés. Sur le mur extérieur de chaque habitation, une croix rouge a été tracée. Parmi les nouveaux quartiers à visiter, on peut citer la zone piétonne, sur le boulevard KN4, dans le quartier de Nyarugenge, ou Gacuriro. Avec ses petites maisons semblables et parfaitement dessinées, ses jardins bien ordonnés, ce quartier ressemble à une banlieue anglaise.

Lire la suite sur: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/08/06/un-dimanche-a-kigali-du...

Commentaires facebook