Dimanche 25 Juin 2017

Rwanda : les survivants du génocide saluent la décision d'une cour française

Rwanda : les survivants du génocide saluent la décision d'une cour française
(Xinhua 09/07/16)
Jean Pierre Dusingizemungu, président d'Ibuka, une association faîtière des rescapés du génocide rwandais

KIGALI, (Xinhua) -- Les survivants du génocide rwandais de 1994 ont salué une décision par le tribunal français condamnant deux auteurs du génocide rwandais à la vie en prison.

Mercredi soir, Octavian Ngenzi, 58 ans et Tito Barahira, 64 ans, anciens maires de Kabarondo dans l'est du Rwanda, ont tous les deux été condamnés à la prison à vie par la Cour d'assises de Paris.

Ils ont été reconnus coupables de génocide et de crimes contre l'humanité commis pendant le génocide de 1994 au Rwanda.

Parlant aux journalistes jeudi, le professeur Jean Pierre Dusingizemungu, président d'Ibuka, une association faîtière des rescapés du génocide rwandais, a félicité la cour française pour avoir veillé à ce que la justice soit rendue aux victimes du génocide.

"La phrase correspond à la gravité des crimes pour lesquels ils ont été reconnus coupables. Enfin, le tribunal français a fait un bon travail et la justice qui a été refusée pour longtemps a été servie. Nous remercions les nombreuses personnes qui ont joué un rôle dans ce procès", a-t-il ajouté.

M. Dusingizemungu a également appelé le gouvernement français à traduire en justice d'autres suspects du génocide qui sont en France.

MM. Ngenzi et Barahira ont été accusés d'avoir participé aux massacres de réfugiés tutsis à l'église catholique de Kabarondo, dans le district de Ngoma, Province Orientale en avril 1994.

M. Ngenzi a été particulièrement accusé de superviser l'exécution de plus de 1.200 personnes qui avaient trouvé refuge dans l'église. Il a été arrêté dans les îles de Mayotte en 2010.

En 2013, l'autre accusé M. Barahira a été arrêté à Toulouse, une ville dans le sud-ouest de la France.

Selon Johnston Busingye, ministre rwandais de la Justice, le tribunal français a finalement respecté la primauté du droit international sur le génocide.

Il a toutefois déploré qu'il y a 39 actes d'accusation en attente en France, 15 demandes d'extradition systématiquement refusées, 28 affaires trainant devant les juridictions françaises.

Selon l'Unité de suivi sur le génocide du Rwanda, certains des suspects du génocide vivant librement en France comprennent Agathe Kanziga, veuve de l'ancien président Juvénal Habyarimana, Manasse Bigwenzare, un ancien juge, Sosthène Munyemana, et le Dr Eugene Rwamucyo, soupçonnés d'implication dans le génocide dans le sud du Rwanda.

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