Jeudi 26 Avril 2018

L'Algérie adhère à la zone de libre-échange africaine et reporte la signature de la libre circulation des personnes

L'Algérie adhère à la zone de libre-échange africaine et reporte la signature de la libre circulation des personnes
(Xinhua 23/03/18)
Le Premier ministre Ahmed Ouyahia.

L'Algérie a signé l'accord d'instauration d'une Zone africaine de libre-échange continentale (ZLEC) lors du sommet extraordinaire convoqué mercredi par l'Union africaine (UA) à Kigali (Rwanda).

Cet acte a été fait sur la base de l'engagement de l'Algérie en faveur de l'Afrique même si le pays a besoin d'une transition en raison de son statut économique, a déclaré le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Quant au report de la signature par son pays de l'accord sur la libre circulation des personnes en Afrique, le chef de l'exécutif l'a justifié par la nécessité d'expliquer la procédure à l'opinion publique.

Dans une interview accordée jeudi à la radio publique algérienne, M. Ouyahia a déclaré que le sommet de Kigali porte deux messages aux peuples du continent et algérien. Le premier étant un message d'espoir, et le second est celui d'aller vers un marché plus large.

Il a ajouté que "l'Algérie est un pays précurseur dans la construction panafricaine depuis sa guerre de libération (1954-1962) jusqu'alors et ce de par le principe de bâtir un espace efficace et prospère".

M. Ouyahia a noté que le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), qui comprend la vision de l'UA, son développement économique et social, a été formulé par les chefs de cinq pays africains, l'Algérie, l'Egypte, le Nigeria, l'Afrique du Sud, le Sénégal sont entre autres mécanismes tel le Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP) qui ont permis de rehausser l'Afrique dans la société des nations.

L'Afrique d'aujourd'hui, dira M. Ouyahia, représentant du président algérien Abdelaziz Bouteflika au sommet de Kigali, "est un acteur actif qui élabore sa propre feuille de route".

Il a ajouté que "la décision d'établir une zone de libre-échange, qui est la dernière étape dans l'intégration de l'Afrique sur le plan économique, a été signée par l'Algérie qui a l'habitude de tenir des engagements francs avec ses frères africains, ce qui donne de l'homogénéité à la position continentale.

Sur l'intérêt de l'Algérie à signer cet accord, le Premier ministre a signifié qu'en ratifiant cette convention, l'Algérie, longtemps freinée par son aisance financière issue de la manne pétrolière et l'absence de la culture d'exportation, est orientée désormais vers l'optique d'exporter en Afrique.

Dans ce sens, il a rappelé qu'un Forum autour du partenariat économique Algérie-Afrique a été organisé il y a deux ans à Alger et qui a ouvert les portes de l'Afrique aux opérateurs économiques nationaux.

"Des hommes d'affaires algériens ont accédé au marché africain ce qui augure d'un réel symptôme de l'intérêt que nous portons pour ce marché", a-t-il encore précisé.

Il a souligné que l'Algérie bénéficiera du lancement de cette région parce que l'économie algérienne en dehors des hydrocarbures est l'une des principales économies du continent, "nous sommes parmi les quatre à cinq premiers pays dans la production industrielle continentale et même continent agricole bénéficieront également d'une plus grande intégration".

D'autre part, M. Ouyahia a attribué le report de la signature par l'Algérie de la Convention sur la libre circulation des personnes en Afrique à la nécessité de l'expliquer davantage à l'opinion publique algérienne.

"Même signée, cela ne veut aucunement sous entendre que nous allons tolérer la migration clandestine", a averti M. Ouyahia tout en rappelant que l'Algérie, sa capitale Alger, était un refuge des mouvements révolutionnaires et la métropole pour les hommes libres.

"Aujourd'hui, dois-je dire que c'est la capitale des étudiants africains en accueillant 5.000 étudiants annuellement, toutes nationalités confondues", a-t-il articulé souhaitant que les avancées enregistrées le long du processus de l'Union africaine soit un exemple instigateur à nous autres Maghrébins n'ayant pu animé les mécanismes de l'Union du Maghreb arabe (UMA) en panne pour les raisons connues.

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