Dimanche 22 Avril 2018

« L’accord de libre-échange africain ne doit pas se limiter à une opération de communication »

« L’accord de libre-échange africain ne doit pas se limiter à une opération de communication »
(Le Monde 26/03/18)

La signature de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) par 44 pays africains, mercredi 21 mars à Kigali, est un événement inédit. Certes, de nombreux commentateurs ont interprété l’absence du Nigeria parmi les signataires comme un demi-échec ; bien sûr, la présence sur la photo finale de la première puissance économique du continent eût été symboliquement forte. Mais à la vérité, tel n’était pas l’enjeu de ce sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) dans la capitale rwandaise. La question qui se posait était plus grave : il s’agissait de savoir si ceux d’entre nous qui pensons qu’une autre Afrique est possible avions encore le droit d’espérer.

Le continent est dans une situation plus que préoccupante. En 2018, environ 420 millions de ses habitants vivent dans l’extrême pauvreté, soit le tiers de sa population. Pire, en raison notamment de l’augmentation démographique, non seulement la croissance économique enregistrée sur le continent depuis plus d’une décennie ne se traduit pas par une réduction de la pauvreté, mais le nombre de pauvres augmente : ils étaient 358 millions en 1996 et 415 millions en 2011.
Dans les zones rurales de nombreux pays, le changement climatique bouleverse les équilibres écologiques : les sécheresses se multiplient, l’accès à l’eau se raréfie, agriculteurs, éleveurs et bergers s’enfoncent dans la misère et ont de plus en plus recours à la violence comme moyen de survie. Entre 10 et 12 millions de jeunes Africains frappent chaque année à la porte d’un marché du travail incapable de les absorber. La pression va crescendo. Si le statu quo prévaut, l’afro-optimisme sera bien insuffisant pour empêcher l’effondrement du continent.
Réduction des tensions

C’est dans ce contexte qu’il faut évaluer l’importance de la ZLEC. Pour l’instant, seuls 16 % des échanges commerciaux africains ont lieu au sein du continent (contre 70 % pour l’Europe, 54 % pour l’Amérique du Nord et 51 % pour l’Asie du Sud-Est). Le continent échange (essentiellement des matières premières) deux fois plus avec l’Occident qu’avec lui-même. Le coût de renoncement est considérable.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/03/26/l-accord-de-libre-echan...

Commentaires facebook