Mardi 27 Juin 2017

Génocide rwandais : Les soldats français de l’opération Turquoise épinglés

Génocide rwandais : Les soldats français de l’opération Turquoise épinglés
(Afrique sur 7 19/06/17)
Une patrouille des soldats français de l'opération Turquoise au Rwanda, juin 1994.

La France a toujours nié sa responsabilité dans le génocide rwandais. Et pourtant, un haut fonctionnaire français proche du dossier vient de prendre à contre-pied cette version officielle. Des soldats français de l’opération Turquoise réarmaient les génocidaires hutus en déroute, selon ses révélations.

Opération Turquoise, bras séculier du génocide rwandais ?

La brouille diplomatique entre le Rwanda et la France à propos du génocide rwandais est visiblement loin de son épilogue. En effet, à mesure que le temps passe, de troublantes révélations viennent davantage exacerber la tension entre Paris et Kigali. Ainsi, la déclassification de certaines archives a-t-elle permis à un haut-fonctionnaire français de faire cette confidence : « Au cours de l’opération Turquoise, ordre avait été donné aux militaires français de réarmer les Hutus qui franchissaient la frontière. »

Poursuivant, ce dernier ajoute que des militaires français avaient voulu se retirer pour « ne pas obéir aux ordres ». Mais la pression de la hiérarchie serait telle qu’ils ne pouvaient s’y soustraire. La France aurait donc joué un rôle décisif aussi bien avant que pendant le génocide. Cependant, « il serait très problématique pour les personnes concernées par cette affaire que ces documents soient communiqués », ajoute-t-il.

Cette révélation qui est quasiment un secret de polichinelle au Rwanda n’a cessé de resurgir dans les relations franco-rwandaises. N’empêche que jusque-là, la France officielle tarde à reconnaitre sa responsabilité. Et même avec la déclassification de certains documents classés secret défense, l’aveu ne sera certainement pas pour bientôt.

Notons qu’entre avril et juillet 1994, environ 800.000 Tutsis et des Hutus modérés ont été massacrés au Rwanda. La mort du président Juvenal Habyarimana dans un crash d’avion a été l’élément déclencheur de ce crime à haute échelle qualifié de génocide par les Nations unies.

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