Samedi 16 Décembre 2017

Syrie: 18 morts dans un attentat de l'EI contre des déplacés

Syrie: 18 morts dans un attentat de l'EI contre des déplacés
(AFP 13/10/17)

Au moins 18 personnes ont été tuées jeudi en Syrie dans un attentat visant des déplacés et imputé au groupe Etat islamique (EI), qui perd du terrain face aux forces prorégime dans un de ses derniers bastions.

Ces forces, avec le soutien de l'aviation russe, ont ainsi réussi à conquérir quatre quartiers de Mayadine, un des derniers fiefs jihadistes dans la province de Deir Ezzor (est).

Riche en pétrole et frontalière de l'Irak, cette province est actuellement le théâtre de deux offensives anti-EI distinctes, l'autre étant menée par une alliance de combattants kurdes et arabes appuyée par les Etats-Unis.

Les offensives progressent avec l'appui de violents bombardements aériens qui ont tué des dizaines de personnes ces dernières semaines, poussant les civils à prendre la fuite, notamment en direction des camps de déplacés de la province voisine de Hassaké.

L'attentat de jeudi a eu lieu dans le sud de cette province, dans le secteur d'Abou Fass, où les déplacés fuyant Deir Ezzor sont généralement regroupés avant d'être autorisés à intégrer les camps, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'attaque à la voiture piégée "a fait au moins 18 morts parmi les déplacés et les Assayech (forces de sécurité kurdes)", a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Talal Sello, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), engagées à Deir Ezzor avec l'appui aérien de la coalition internationale menée par Washington, a confirmé un attentat "de l'EI à la voiture piégée, visant un regroupement de déplacés (...) à Abou Fass".

"Il y a des dizaines de morts et de blessés", a précisé M. Sello à l'AFP. Après l'explosion, "les civils se sont échappés vers des zones désertiques, où des mines ont explosé, et le bilan (des victimes) s'est alourdi", a-t-il ajouté.

- Dernier carré -

A Mayadine, les forces du régime ont repris jeudi le contrôle de quatre quartiers, acculant les jihadistes contre l'Euphrate, le fleuve qui longe la ville, selon l'OSDH.

Cette avancée a permis de couper les routes reliant Mayadine à Boukamal, localité située à la frontière avec l'Irak, selon l'OSDH.

C'est notamment à Mayadine et Boukamal qu'ont trouvé refuge les jihadistes ayant fui Raqa (nord), où l'organisation ultraradicale est acculée dans son dernier carré par les FDS.

La semaine dernière, les forces prorégime avaient déjà effectué une percée dans Mayadine mais avaient été repoussées par l'EI.

L'agence officielle Sana a confirmé la nouvelle percée à Mayadine, récemment décrite par une source militaire syrienne comme la "capitale militaire" des jihadistes dans la province de Deir Ezzor.

Les forces russes "supervisent les opérations militaires, participent aux combats et mènent des frappes aériennes intensives", selon M. Abdel Rahmane.

L'avancée du régime est survenue malgré l'arrivée de renforts de l'EI, qui a accueilli un millier de combattants venus d'Irak, selon l'OSDH.

L'organisation ultraradicale a perdu une grande partie des vastes territoires conquis en 2014 en Irak et en Syrie. Elle vient ainsi de céder Hawija, le dernier grand centre urbain qu'elle contrôlait encore en Irak.

Déclenché en 2011 par la répression gouvernementale de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.

Il a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

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