Vendredi 20 Avril 2018

Siboy, en passe-montagne pour le sommet de la gloire

Siboy, en passe-montagne pour le sommet de la gloire
(Le Monde 28/03/18)

Ce natif de Brazzaville a dû quitter le Congo pour fuir la guerre. A 26 ans, après avoir été repéré par Booba, le rappeur rencontre le succès. Même si ses clips font des millions de vues sur Internet, il veut rester anonyme.

Pour éviter d’évoquer son passé douloureux, le rappeur Siboy, en tournée, prétexte d’abord des problèmes de mémoire… à 26 ans ? « Non, mais c’est parce que je fume beaucoup, se défend-il, ça a un peu atteint mes neurones. » Le jeune homme n’a pas eu une vie facile, et il la camoufle, tout comme son état civil, dans ses morceaux, où il pratique l’humour, le cynisme et un flow aussi doucereux qu’âpre.
Dans ses clips, comme Mobali ou Au revoir, vus plusieurs millions de fois sur Internet, il apparaît le visage encagoulé. En entretien, il ne quitte pas son passe-montagne, et il faut un peu de temps pour qu’il lâche pudiquement : « Je suis né à Brazzaville, mais il y a eu la guerre. Mes parents ont décidé de partir, car ma mère était d’une ethnie différente de celle mon père, qui, lui, était militaire. Ils ont eu peur que notre famille soit divisée. J’ai encore les images de la guerre en tête. »

De bouches de métro en foyers
Après un passage par Kinshasa, Siboy arrive en France à l’âge de 8 ans, dort avec sa famille dans les bouches de métro parisien, dans les hôtels payés par l’État français puis s’installe définitivement, trois ans plus tard, à Mulhouse, dans un foyer pour réfugiés placés par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) : « A partir de là, nous avons commencé à vivre une vie normale. J’ai grandi en foyer avec des Yougoslaves, des Congolais, des Ivoiriens avant d’être intégré dans un parcours scolaire normal et que mes parents obtiennent une HLM. »

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