Jeudi 19 Octobre 2017

RDC : « Nous sommes avec la population congolaise »

RDC : « Nous sommes avec la population congolaise »
(La Libre 10/10/17)
L’émissaire belge pour la région des Grands Lacs, l’ambassadeur Renier Nijskens

La démocratie est en crise en République démocratique du Congo (RDC) car les élections prévues initialement avant la fin 2016 n’ont pas eu lieu, a affirmé lundi l’émissaire belge pour la région des Grands Lacs, l’ambassadeur Renier Nijskens, ce qui pourrait entraîner une « réorientation » de l’aide belge à Kinshasa du structurel vers l’humanitaire, a pour sa part prévenu un collaborateur du ministre de la Coopération au développement. La démocratisation dans le monde entier – et en RDC en particulier, car ce pays est « un élément de la politique intérieure belge » – est une constante de la diplomatie belge, a souligné M. Nijskens au cours d’une conférence sur le thème de la démocratie en RDC organisée au parlement.

« Nous avons le droit et l’obligation de nous intéresser aux processus démocratiques en général et au Congo en particulier » en raison notamment de conventions bilatérales et multilatérales, a ajouté M. Nijskens lors de cette conférence qui a notamment rassemblé des représentants de la société civile congolaise et plusieurs parlementaires belges, à l’initiative des plates-formes Afrique centrale de 11.11.11 et CNCD-11.11.11 et du Conseil consultatif Genre et développement.

« Nous sommes avec la population »

Le diplomate a également qualifié de « non orthodoxe » l’application par le régime de Kinshasa de l’accord de la Saint-Sylvestre pour tenter de baliser le maintien au pouvoir, en principe pour un an, du président Joseph Kabila après l’expiration de son second mandat constitutionnel, le 19 décembre 2016. Mais « nous sommes avec la population », a assuré M. Nijskens, un ancien ambassadeur de Belgique à Kinshasa. Un conseiller du ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo (Open Vld), Eric Willemaers, a pour sa part évoqué une possible « réorientation » de la coopération belge envers la RDC – moins structurelle et davantage humanitaire, pour ne pas pénaliser la population – s’il s’avère que les engagements pris mutuellement ne sont pas tenus, notamment en matière de respect des droits de l’homme, comme cela s’est déjà produit au Burundi, lui aussi plongé depuis deux ans dans une crise politique profonde par le maintien au pouvoir du président Pierre Nkuruziza au delà de son second mandat.

Poursuivre la coopération ?

« Nous pouvons effectivement nous poser des questions sur l’efficacité de la coopération bilatérale, gouvernementale, dans la promotion de la démocratisation. Malheureusement, nous constatons dans plusieurs pays (dont la RDC) une déficience sur plusieurs niveaux (comme) la volonté politique de mettre en oeuvre les objectifs de développement que nous nous sommes convenus, de mettre en oeuvre les projets, de respecter les engagements mutuels », a souligné M. Willemaers. Selon lui, un récent rapport de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économiques, un club de 35 pays en général riches) indique que « rester engagé avec les institutions d’un pays où il y a un manque de volonté politique et dont le gouvernement peut être (…) considéré comme illégitime peut avoir un effet pervers ».

« Rester engagé dans un cadre strict, dans une relation de coopération (inter)gouvernementale, notamment en investissant dans un gouvernement et ses institutions peut avoir un effet pervers », a renchéri le conseiller de M. De Croo – qui a affirmé le mois dernier que le Congo n’était « pas un Etat, mais un système d’enrichissement personnel ». « La coopération donne le minimum minimorum à des gouvernements » pour leur permettre d’assurer « un semblant de service envers la population au niveau de la santé et de l’éducation », a fait valoir M. Willemaers.

Lire la suite sur: https://afrique.lalibre.be/9618/rdc-ne-pas-faire-semblant-que-tout-va-bien/

Commentaires facebook