Lundi 21 Août 2017

RDC : « corruption, prédation, répression », le triptyque congolais

RDC : « corruption, prédation, répression », le triptyque congolais
(Afrikarabia 11/08/17)
Le président de la RDC, Joseph Kabila dans les Kasaï en juin 2017

Joseph Kabila a réussi à se maintenir au pouvoir depuis plus de 16 ans grâce au pillage systématique des ressources du pays et au siphonnage des recettes de l’Etat. Le tout, en muselant ses opposants politiques et en réprimant dans le sang les mouvements de contestation. Une stratégie payante...pour combien de temps?

L’agence de presse américaine Bloomberg, le Groupe d’Étude sur le Congo (GEC) et l’ONG Global Witness viennent successivement de jeter une lumière crue sur la fortune colossale et tentaculaire de la famille Kabila dans un pays parmi les plus pauvres de la planète. Un mécanisme de prédation financière qui, couplé à une répression féroce de toute opposition, a permis au président Joseph Kabila de s’accrocher à son fauteuil depuis 16 ans, et ce, même après la fin officielle de son dernier mandat, le 19 décembre 2016. Un « système Kabila » qui s’inscrit dans un contexte de corruption généralisée, ordinaire et structurelle. En 2017, la RDC fait toujours partie des 20 pays les plus corrompus du monde. Un vrai « scandale » pour Transparency international, qui estime que « les besoins élémentaires des citoyens ne sont pas satisfaits. » Pour le président de l’ONG anti-corruption, José Ugaz, « la population se couche tous les soirs le ventre vide à cause de la corruption, alors que les puissants et les corrompus jouissent d’un mode de vie somptueux en toute impunité ». Des puissants, qui en RDC, gravitent autour du président Joseph Kabila et de sa famille.

80 sociétés, 71.000 hectares de terres agricoles…

Dans un impressionnant rapport publié en juillet 2017, le Groupe d’Étude sur le Congo (GEC), avec le soutien du Pulitzer Center on Crisis Reporting, s’est penché sur le business de la famille Kabila depuis l’arrivée au pouvoir de Joseph en 2001 après l’assassinat de son père. Et la fortune du clan Kabila se chiffrerait en dizaines de millions de dollars ! Selon le GEC, le chef de l’Etat et ses proches sont propriétaires, partiellement ou en totalité, de plus de 80 sociétés. Le rapport apporte un éclairage précis des intérêts économiques de Joseph Kabila, mais aussi de sa femme, Olive Lembe, et de leurs enfants, de sa soeur Jaynet et de son frère Zoé, tous deux également députés nationaux. Le président Kabila possède directement, et par le biais d’une entreprise lui appartenant ainsi qu’à ses enfants, plus de 71.000 hectares de terres agricoles.

Deux entreprises, propriétés de la famille Kabila, ont acquis des licences d’exploitation de mines de diamants sur un territoire de plus de 720 kilomètres le long de la frontière avec l’Angola. Jaynet Kabila détient 4,8% des parts dans l’un des plus grands réseaux de téléphonie mobile du pays, alors que Zoé possède des entreprises qui ont été engagées pour l’exploitation de gisements miniers parmi les plus riches du monde. On retrouve des entreprises du clan Kabila dans presque tous les secteurs de l’économie congolaise: l’agriculture, les mines, le secteur banquier, l’immobilier, les télécommunications et les compagnies aériennes.

Mais l’empire Kabila s’étend également bien au-delà du Congo. La famille possède des biens immobiliers en Afrique du Sud et en Tanzanie, et certaines des sociétés sont enregistrées au Panama, à l’île Niue ou… au Luxembourg. Certaines entreprises contrôlées par la famille Kabila ont conclu d’importants contrats avec le gouvernement congolais, mais plus étonnant, avec la Banque mondiale et les Nations unies ! Reste à savoir si ces institutions, et notamment les bailleurs internationaux, étaient au courant des liens entre ces sociétés et le président Kabila. Les conflits d’intérêts semblent pourtant notoires dans le cas de Jaynet Kabila qui s’est vu octroyer par le ministère des Mines congolais plus de licences d’exploitation que ne l’autorise le Code minier du pays. Et toujours selon le rapport, « au moins une entreprise de la famille était impliquée dans un accord d’extraction de cuivre controversé en 2011, ce qui a conduit le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre son programme de prêt d’un demi-milliard de dollars à la RDC ». Enfin, certaines sociétés du clan Kabila sont protégées ou surveillées par les membres de la Garde républicaine (GR), ce qui est probablement « en dehors du mandat légal de cette force » note le Groupe d’Etude sur le Congo.

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