RDC : comprendre la spirale de la violence au Kasaï | Africatime
Mardi 25 Avril 2017

RDC : comprendre la spirale de la violence au Kasaï

RDC : comprendre la spirale de la violence au Kasaï
(Afrikarabia 18/03/17)
Des soldats de la Monusco à Tshimbulu, dans le Kasaï-Central, dans le sud-est de Kananga

Les provinces des Kasaï s’enfoncent dans la violence depuis l’été 2016 et la mort du chef traditionnel Kamuina Nsapu, à la tête d’une milice opposée au pouvoir central. Un conflit qui perdure sur fond de crise politique sans fin. Le Kasaï est-il en train de devenir un nouveau Kivu, avec ses morts et son insécurité permanente ? Depuis maintenant huit mois, des poussées de violence enflamment régulièrement le centre du pays, une région qui avait pourtant échappé à l’insécurité chronique qui prédomine à l’Est du pays depuis maintenant plus de 20 ans. Si 70 groupes armés sévissent encore dans les deux provinces du Kivu, c’est une petite milice locale qui affronte régulièrement les forces de sécurité congolaises au Kasaï. Selon l'ONU, plus de 200.000 personnes déplacées ont été enregistrées depuis le début de conflit, tandis que plus de 400 sont mortes à la suite des affrontements entre l'armée, la police congolaises et les miliciens du chef traditionnel Kamuina Nsapu.

Contre le pouvoir central

Le début du conflit remonte à l’été 2016 lorsque ce gourou, à la tête d’un mouvement politico-religieux, décide de partir en croisade contre Kinshasa et ses représentations locales afin de dénoncer la corruption et les gabegies de l’Etat central. Leur chef est tué en août 2016 au cours d’une opération militaire particulièrement violente. A partir de la mort de ce chef de milice, la province plonge dans un engrenage représailles/répressions qui s’étend aux autres Kasaï, oriental et occidental. En février, le cycle de la violence s’amplifie après la diffusion d’une vidéo montrant des soldats congolais tuer à bout portant des adeptes de Kamuina Nsapu armés de simples bâtons. La vidéo fait grand bruit. Le gouvernement nie d’abord son authenticité avant d’autoriser la nomination d’une commission d’enquête sur ce qui ressemble à des exécutions sommaires de civils.

L’engrenage de la violence

Quelques jours plus tard, trois fosses communes sont découvertes en rapport avec les violences enregistrées depuis l’insurrection du groupe Kamuina Nsapu. Les miliciens menacent de fondre sur la ville de Kananga pour se venger, mais ils sont stoppés dans les faubourgs de la ville par l’armée. Les locaux d’un couvent sont saccagés par les miliciens. Le 11 mars, 18 miliciens sont tués dans des accrochages avec les forces de l’ordre à Mwene-Ditu, au Kasaï oriental. La crise sécuritaire prend une toute autre forme le lendemain, dimanche 12 mars, avec la « disparition » de deux experts étrangers de l’ONU en mission dans la région : la suédoise Zaida Catalán, l’américain Michael Sharp et quatre congolais qui les accompagnaient. Un « enlèvement » dénoncé par le gouvernement congolais qui pointe « des forces négatives ». De son côté, la Monusco, la mission des Nations unies au Congo, poursuit activement les recherches et accuse, comme les autorités congolaises, la milice Kamuina Nsapu d’être derrière cette enlèvement.

Commentaires facebook