En RD-Congo, un gynécologue proche du docteur Mukwege assassiné | Africatime
Dimanche 23 Avril 2017

En RD-Congo, un gynécologue proche du docteur Mukwege assassiné

En RD-Congo, un gynécologue proche du docteur Mukwege assassiné
(La Croix 20/04/17)
Le gynécologue congolais le docteur Denis Mukwege

Le docteur Gildo Byamungu a été tué à Uvira, dans l’est de la RD-Congo. Dans la région, l’ensemble des médecins craignent désormais pour leur sécurité. Plusieurs manifestations de­vaient se dérouler mercredi 19 avril 2017 à Bukavu (Sud-Kivu, dans l’est de la RD-Congo), en l’honneur du docteur Gildo Byamungu, un gynécologue obstétricien proche de Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes »,assassiné vendredi à son domicile et enterré ce jeudi 20 avril à Kalehe.

Un appel à la grève avait aussi été lancé dans les hôpitaux, ainsi qu’une marche organisée par les médecins et personnels soignants de l’hôpital de Panzi – le centre médical fondé par le docteur Mukwege – afin que la lumière soit faite sur ce meurtre. Mais la police, craignant des débordements, l’a interdite. « Dans le contexte politique tourmenté de la RD-Congo, les manifestations de mécontentement sont craintes par les autorités », explique un habitant de Bukavu.

les hôpitaux, cible des groupes armés

Les manifestants voulaient aussi obtenir des garanties pour leur sécurité. « Dans la région, les hôpitaux et les centres de santé sont la cible des groupes armés, souligne le Père Bernard Ugeux, prêtre à Bukavu. Les assaillants volent tout ce qui peut se revendre comme les médicaments, le matériel de santé… »

À cela s’ajoutent les risques d’enlèvement qui pèsent sur les notables. Par leurs nombreuses patientes victimes d’agressions sexuelles, les obstétriciens peuvent enfin être informés des agissements d’un groupe armé, d’un responsable militaire ou politique : « Ils savent beaucoup de choses. Cela pousse certains,comme le docteur Mukwege, à dénoncer publiquement les manquements et responsabilités des autorités », analyse le Père Bernard Ugeux.

Six jours après l’attaque contre Gildo Byamungu, les circonstances de sa mort sont un peu connues. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des inconnus se sont faufilés chez lui avant de lui tirer dessus, selon Radio Okapi, l’antenne des Nations unies en RD-Congo.

Ils se sont enfuis sans être inquiétés, emportant avec eux son ordinateur, son téléphone portable et des documents. Gravement blessé, le docteur Gildo Byamungu a d’abord été conduit à l’hôpital d’Uvira avant d’être évacué en direction de Bujumbura, au Burundi. Mais il n’a pas été autorisé à franchir la frontière et a finalement succombé à ses blessures.

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