CRISE DANS L’EST DE LA RDC : LA QUESTION DU DÉPART DE LA MONUSCO AU CENTRE D’UN DÉBAT À L’UNIKIN | Africatime
Mercredi 23 Avril 2014

CRISE DANS L’EST DE LA RDC : LA QUESTION DU DÉPART DE LA MONUSCO AU CENTRE D’UN DÉBAT À L’UNIKIN

CRISE DANS L’EST DE LA RDC : LA QUESTION DU DÉPART DE LA MONUSCO AU CENTRE D’UN DÉBAT À L’UNIKIN
(Le Potentiel Online 17/06/13)

On en parle encore. La Mission d’observation des Nations unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) doit-elle quitter la RDC ? La question est sur toutes les lèvres. Les avis sont partagés Elle a encore fait l’objet d’un débat, le mardi 13 juin à l’Université de Kinshasa. Invité à prendre part au débat, Freddy Mulumba, Administrateur directeur général du groupe Média 7, a jugé mitigé le bilan de cette mission. 6 millions de morts, 2 mille déplacés internes, 40 mille femmes violées. Les chiffres effraient. Entre contradictions et hésitations autour du mandat précis de cette structure onusienne, l’ADG de médias 7 plaide pour le départ de la Monusco , appelant entre-temps les Congolais à se prendre en charge.
L’Institut stratégique pour le développement durable a, dans le cadre de son programme « Tribune d’expression populaire », organisé le mardi 13 juin à l’Université de Kinshasa une conférence-débat autour du thème « La RDC au centre des Nations unies et de l’Union africaine ». Deux orateurs, Freddy Mulumba et le professeur André Mbata, ont devant un parterre de chercheurs et étudiants, exposé respectivement sur « Limites et portée de la mission des Nations unies au Congo », et « Cinquantenaire de l’Union africaine et la RDC : quelle perspective de résolution des conflits en Afrique ».
Plus forte que toute autre question, la situation sécuritaire délétère dans l’Est de la RDC s’est invitée au débat. Du coup, la question du départ ou non de la Monusco était sur la sellette.
Trois faits importants
Abordant le thème de son exposé, Freddy Mulumba a mis l’accent sur l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région de Grands Lacs, ainsi qu’à la Résolution 2098 des Nations unies relative au déploiement d’une Brigade internationale dans l’Est de la RDC.
L’homme n’est pas allé par le dos de la cuillère. Pour lui, ces deux documents viennent ni plus ni moins consacrer la mise sous tutelle de la RDC. Et d’ajouter la Monusco n’est qu’un appareil au service de grandes puissances. Elle vient donc mettre en musique ce projet qui plus tard débouchera sur la balkanisation de la RDC.
Il a toutefois relevé trois faits importants sur lesquels il fonde sa logique. Pour lui, la Monusco est devenue un problème en RDC, à la place d’être une solution. Et si la RDC faisait comme l’Angola qui avait eu le courage de « chasser » la mission des Nations unies installée sur son territoire, s’est-il interrogé par ailleurs. Car le départ de cette mission de l’Angola, ce pays avait retrouvé la paix et il est aujourd’hui parmi les puissances africaines, a expliqué Mulumba.
Ensuite, que la Monusco reste en RDC jusqu’à la fin de la crise, Freddy Mulumba n’en croit pas à ses yeux « Les Nations unies n’ont jamais réussi à résoudre aucune crise au monde », avait-t-il fait savoir. Les solutions prises en ex-Yougoslavie et au Soudan n’ont fait que plonger ces deux pays dans des crises, a soutenu Freddy Mulumba.
Enfin, face aux mutations qui s’opèrent dans le monde, la RDC doit rester vigilante. D’où, pour lui, les Congolais doivent compter sur eux-mêmes. Il suffit d’avoir une élite « consciente et responsable » et une classe politique responsable », pour voir le géant RDC enfin se réveiller. « Nous avons le devoir de défendre le Congo », a indiqué l’ADG du groupe médias7, qui s’inscrit dans la logique du départ de la Monusco.
Devant le nombre croissant de morts et déplacés dans l’Est de la RDC, qui ne baisse pas, les anti-Monusco s’inquiètent « La Monusco trahit la confiance des Congolais et déçoit les attentes légitimes que les Nations unies nous avait fait miroiter à travers cette mission ». A noter que cette mission est en RDC depuis plus de quinze ans avec un effectif de près de 19 mille hommes.
Elle a, entre autres, mandats d’assurer la protection des civils. Les pro-Monusco pensent, quant à eux, que cette mission joue un rôle important dans la stabilisation du Congo, et elle doit y rester autant que possible.
Le professeur André Mbata a, quant à lui, expliqué la nécessité pour la RDC de se tailler une place de choix sur l’échiquier international, affirmant qu’à l’heure actuelle ce pays ne pèse pas. Il est absent de presque toutes les organisations, panafricaines et internationales. Selon lui, l’Union africaine qui devrait véritablement naître à l’occasion de son cinquantenaire, marche encore en titubant. Le renforcement de ses moyens d’action est impérieux.
Écrit par Cyprien Kapuku

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