Samedi 16 Décembre 2017

Sommet extraordinaire de la Cémac : réunir 4 milliards Fcfa pour accompagner la Centrafrique

Sommet extraordinaire de la Cémac : réunir 4 milliards Fcfa pour accompagner la Centrafrique
(Agence d'information d'afrique centrale 01/08/16)

Face à la résurgence d’actes de violence en Centrafrique, les chefs d’Etat ont décidé, le 30 juillet à Malabo en Guinée équatoriale, lors du sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique Centrale (Cémac), de soutenir ce pays frère à hauteur de quatre milliards Fcfa.

Ces fonds serviront à la démobilisation, au désarmement, à la réinsertion voire à la reconstruction de la République centrafricaine (RCA). « C’est un processus inévitable. Si ce processus n’a pas lieu, on bâtira sur du sable. Il faut désarmer les anciennes milices, travailler à leur insertion sociale, pacifier, réconcilier les deux communautés. C’est un processus qui nécessite le soutien des pays voisins », a fait savoir le ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l’étranger, Jean Claude Gakosso, de retour de Malabo.

Pour accompagner ce pays frère dans le processus de sortie de crise, les chefs d’Etat ont pris l’option de soutenir le tour de table des bailleurs de fonds qui aura lieu le 17 novembre prochain à Bruxelles, en faveur du gouvernement centrafricain, afin de lui permettre de faire face à toutes les charges auxquelles il est confronté. « L’expérience du Congo enseigne que sortir d’une guerre est un véritable chemin de la croix. Dans la partie nord-ouest de la RCA, il y a comme la résurgence d’actes de violence, la reconstitution de quelques groupes rebelles. Cela constitue véritablement un danger pour le nouveau gouvernement qui est à peine à la manœuvre. En même temps, c’est un devoir de solidarité pour les pays de la sous-région d’accompagner la RCA. Quand la maison du voisin brûle c’est irresponsable de rester les bras croisés. La Centrafrique n’est pas tout à fait sortie de l’ornière », affirme le ministre congolais.

L’analyse de la conjoncture économique et financière en zone Cémac a également été au centre des préoccupations. « Les indicateurs sont au rouge. Tout le monde le voit avec la dépréciation du prix du baril du pétrole. Dans la sous-région la plupart des pays sont producteurs de pétrole. Les économies des pays de la Cémac sont frappées de plein fouet par la chute brutale du prix du pétrole. L’analyse faite par les experts indique que la croissance sera très faible en zone Cémac », a rappelé Jean Claude Gakosso, qui pense qu’il est plus que temps pour les pays de la sous-région de se serrer les coudes. Pour faire face à cette situation, un comité de pilotage a été mis sur pied, sous la supervision du congolais Denis Sassou N’Guesso.

Aussi, les chefs d’Etat ont-ils fait le point sur les négociations de l’accord de partenariat économique entre les pays de la zone Cémac et l’Union européenne. « C’est une négociation très ancienne. On a fait le constat que nos partenaires européens ont choisi de négocier séparément avec un des Etats membres, en l’occurrence la République du Cameroun jusqu’à signer un accord parcellaire. Ce qui est totalement contraire avec le principe d’unité, d’entente au sein de la communauté. Mais les chefs d’Etat ont pensé qu’il ne fallait pas dramatiser », a-t-il conclu.

Josiane Mambou Loukoula

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