Mercredi 21 Février 2018

Ethiopie: l'opposant Bekele Gerba libéré de prison

Ethiopie: l'opposant Bekele Gerba libéré de prison
(AFP 13/02/18)
L'un des principaux responsables de l'opposition en Ethiopie, Bekele Gerba, emprisonné depuis fin 2015, a été libéré mardi, a rapporté la radio-télévision Fana

L'un des principaux responsables de l'opposition en Ethiopie, Bekele Gerba, emprisonné depuis fin 2015, a été libéré mardi, a rapporté la radio-télévision Fana, proche du pouvoir, alors que des opposants ont manifesté aux abords d'Addis Abeba en bloquant des routes.

"Bekele Gerba et six autres suspects ont été libérés de prison aujourd'hui (mardi)", au lendemain de l'annonce que le procureur général fédéral abandonnait les charges à son encontre, a indiqué Fana.

M. Bekele, vice-président du Congrès fédéraliste oromo (OFC), bénéficie de l'amnistie annoncée le 3 janvier par le Premier ministre Hailemariam Desalegn à l'égard de certains hommes politiques.

Depuis, le président de l'OFC, Merera Gudina, emprisonné depuis 2016, a été libéré. Et le gouvernement a annoncé la prochaine libération du blogueur Eskinder Nega et de l'opposant Andualem Arage, arrêtés en 2012.

M. Bekele avait été arrêté en décembre 2015 à l'occasion de la répression des plus importantes manifestations anti-gouvernementales en Ethiopie depuis 25 ans.

Il était devenu un symbole de la cause du plus grand groupe ethnique du pays, les Oromo, qui s'estiment marginalisés.

L'opposant avait initialement été inculpé en vertu des lois antiterroristes éthiopiennes, mais les charges retenues contre lui avaient ensuite été requalifiées en "provocation".

Les manifestations lancées par les Oromo, qui s'étaient ensuite étendues à la région amhara (nord), avaient été violemment réprimées par les forces de l'ordre, faisant au moins 940 morts selon la Commission éthiopienne des droits de l'Homme, liée au gouvernement.

Le calme n'était revenu qu'avec l'instauration d'un état d'urgence entre octobre 2016 et août 2017. Mais d'occasionnelles manifestations agitent encore la région oromo.

Les Oromo ont ainsi décrété une grève de trois jours qui a commencé lundi. Et mardi, les commerces étaient fermés et les routes bloquées par des hommes brandissant des pierres autour d'Addis Abeba, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Sans avoir commis d'erreur ou de fautes, nos gens sont enchaînés. Dans notre propre pays nous sommes considérés comme des citoyens de seconde zone", a raconté à l'AFP Dina Abdela, un manifestant qui avec d'autres jeunes gens bloquait une route partant de la capitale vers le nord-est.

Un manifestant a lancé une pierre sur la voiture transportant des journalistes de l'AFP à un barrage improvisé près de Burayu, à l'ouest d'Addis.

Dans cette ville, un autre manifestant a affirmé à l'AFP qu'un homme avait été blessé lors d'affrontements avec la police, lorsqu'elle a tenté de disperser les manifestants.

Les protestataires disent ne pas faire confiance aux autorités. "Il ne s'agit pas seulement de Bekele Gerba", a déclaré l'un d'entre eux, Gemechu Tefa. "Tous les nôtres doivent être libérés".

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