Vendredi 24 Novembre 2017

Centrafrique: un "comité de suivi" pour le fragile accord de paix de Rome

Centrafrique: un "comité de suivi" pour le fragile accord de paix de Rome
(AFP 13/07/17)
Le président de la communauté de Sant'Egidio Marco Impagliazzo (d) et le ministre centrafricain des Affaires étrangères Charles Armel Doubane, s'adressent aux représentants des groupes signataires de l'accord, à Rome, le 19 juin 2017. © FILIPPO MONTEFORTE

Un fragile accord de paix en Centrafrique, signé en juin à Rome entre groupes rebelles et autorités, va être complété la semaine prochaine par un "comité de suivi" dans le pays, impliquant l'Assemblée nationale, a indiqué jeudi la communauté catholique de Sant'Egidio.

"L'accord a souligné un consensus sur un processus de désarmement, mais ce n'est pas un coup de baguette magique, il faut y travailler", a souligné devant la presse Mauro Garofalo, responsable des relations internationales de la communauté Sant'Egidio.

Sa délégation s'est rendue début juillet à Bangui pour rencontrer les autorités centrafricaines.

"L'accord est une feuille de route d'un processus qui ne sera pas immédiat, surtout vu les conditions sur le terrain", a insisté le responsable de la communauté qui a parrainé l'accord.

"Il y avait des violences avant et il y en a eu pendant et après l'accord. Cela nous encourage à travailler avec encore plus d'urgence", a souligné Mauro Garofalo, en précisant qu'un quatorzième groupe rebelle rencontré dans le pays s'est désormais également rallié à l'accord.

Au total 13 groupes rebelles ou milices, principalement anti-Balaka prochrétiens ou ex-Séléka prominorité musulmane, avaient paraphé le 19 juin à Rome avec les autorités l'accord prévoyant un cessez-le-feu immédiat sur tout le territoire.

Plusieurs signataires de l'accord de paix de Sant Egidio s'en sont cependant détachés depuis, comme la Conférence épiscopale centrafricaine, qui a démenti avoir envoyé un émissaire signataire à Rome, ainsi qu'un groupe armé anti-balaka, qui a expliqué que les signataires s'en réclamant n'avaient pas eu d'autorisation préalable du groupe.

Le "comité de suivi" qui va être mis en place par l'assemblée nationale de Centrafrique comprendra aussi des représentants du gouvernement et de la présidence de la République mais aussi des observateurs de la Mission des Nations unies (Minusca). Sa création était prévue dans l'accord de paix.

L'accord signé à Rome va être traduit en sango, langue officielle du pays, et diffusé dans toutes les préfectures, a aussi précisé M. Garofalo.

Plusieurs tentatives de médiation africaine ont déjà essayé de pacifier ce pays pauvre de 4,5 millions d'habitants, dont 900.000 déplacés et réfugiés du fait du conflit.

Ces initiatives, ainsi que l'intervention de la France (2013-2016) et de la Mission des Nations unies ont permis début 2016 l'élection d'un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra, la fin des massacres de masse et le retour au calme dans la capitale, Bangui. Mais les groupes armés contrôlent toujours une grande partie de ce vaste pays, ancienne colonie française.

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