Jeudi 18 Janvier 2018

L'armée ougandaise attaque des camps d'un groupe rebelle en RDC

L'armée ougandaise attaque des camps d'un groupe rebelle en RDC
(AFP 23/12/17)

L'armée ougandaise a lancé vendredi des attaques dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) contre des camps de rebelles ougandais musulmans accusés d'avoir tué 14 casques bleus début décembre dans cette région.

Ces rebelles du groupe Allied Defence Forces (ADF) "prévoyaient de mener des actions hostiles contre l'Ouganda", a expliqué l'armée ougandaise (UPDF) dans un communiqué, disant se baser sur des "informations partagées entre l'Ouganda et la RDC".

"Par mesure préventive, l'UPDF a cet après-midi (vendredi) conduit des attaques contre leurs camps dans l'est de la RDC", a ajouté l'armée ougandaise.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre, 14 Casques bleus tanzaniens avaient été tués dans un raid contre leur base de Semuliki, dans la province du Nord-Kivu en RDC, non loin de la frontière avec l'Ouganda.

Il s'agissait de l'attaque la plus meurtrière contre une force onusienne dans le monde depuis 24 ans.

Elle a été attribuée aux ADF, un groupe présent dans l'est de la RDC depuis 1995, qui lutte contre le régime du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 31 ans en Ouganda.

Créés pour défendre les droits de musulmans s'estimant bafoués par l'homme fort de Kampala, les ADF avaient été progressivement repoussées vers l'Ouest par l'armée ougandaise, jusqu'à s'installer en RDC.

Les autorités congolaises et la Mission des Nations unies en RDC (Monusco) accusent les ADF d'avoir tué plus de 700 civils depuis octobre 2014 dans la région de Beni et ses environs, dans le nord du Nord-Kivu.

- Un groupe secret -

Ces derniers mois, le groupe armé ougandais a multiplié les attaques (massacre d’une vingtaine de civils sur la route Mbau-Kamango, assaut en octobre contre les Casques bleus de la base de Mamoundioma tuant déjà trois soldats tanzaniens).

Au total plus de 15.000 personnes ont fui les ADF entre septembre et novembre, d’après un centre d’aide aux déplacés d’Oicha, près de Beni. L'ONU a promis d'envoyer de l'assistance humanitaire dans cette zone la semaine prochaine.

Les autorités ougandaises, puis de RDC, ont tenté de lier les ADF - coutumières d'une violence aveugle - à l'internationale jihadiste, mais aucun expert travaillant sur la RDC n'a réussi à établir un tel lien.

Les ADF restent un des groupes armés les plus secrets de la planète et aucun des massacres perpétrés dans la région de Beni n'a jamais été revendiqué. Le groupe serait restreint à quelques "150 hommes", indiquait récemment une source occidentale à l'AFP.

La thèse de la responsabilité unique des ADF dans les violences autour de Beni avait été mise en cause en mars par le Groupe d'études sur le Congo de l'Université de New York.

Il avait relevé dans un rapport la complexité de la situation et noté que "plusieurs groupes" distincts des ADF "semblent être impliqués dans les massacres", parmi lesquels "des membres des FARDC" (Forces armées de la RDC) et d'autres milices locales.

Le gouvernement de Kinshasa avait démenti ces accusations et expulsé l'auteur du rapport, Jason Stearns, un chercheur réputé.

En février, les pays de la région des Grands Lacs avaient ouvert un centre de renseignement destiné à coordonner le combat contre les ADF. Le centre est basé à Kasese, ville du sud-ouest de l'Ouganda, qui a souffert d'attaques des ADF à la fin des années 1990.

Les ADF sont l'un des nombreux groupes armés actifs dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les deux provinces orientales de la RDC frontalières de quatre pays (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie) et de trois grands lacs (Édouard, Kivu et Tanganyika).

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