Jeudi 23 Novembre 2017

Une mère ougandaise a donné naissance à 38 enfants à l'âge de 37 ans

Une mère ougandaise a donné naissance à 38 enfants à l'âge de 37 ans
(Xinhua 25/08/17)

Mariam Nabatanzi Babirye vit dans un complexe résidentiel rassemblant cinq maisons. On pourrait le prendre pour une école avec tous les enfants qui y jouent.

Cette mère célibataire de 37 ans, qui a donné naissance à 38 enfants, est une personnalité réputée de la petite ville de Kasawo dans le district de Kayunga dans le centre de l'Ouganda.

Également connue sous le nom de Nalongo Muzaala Bana ("mère jumelle qui produit des quadruplés"), Babirye a principalement accouché de jumeaux, de triplets ou de quadruplets.

La première tâche de Mme Babirye chaque jour est de laver une montagne d'habits pour ses enfants. Elle doit le faire tôt le matin pour gagner du temps pour les autres travaux quotidiens.

À l'heure du petit-déjeuner, les enfants sont assis en cercle. Une miche de pain ne suffit pas à les nourrir et ils courent en réclamant davantage à Mme Babirye, qui doit fouiller dans ses poches pour trouver de quoi en acheter une autre.

Elle a fait le compte, 14 enfants n'ont pas eu de pain. Elle donne de l'argent à l'un d'entre eux pour qu'il aille à la boutique acheter plus de pain.

L'histoire de Mme Babirye commence de manière assez triste. Sa mère l'a abandonnée à un jeune âge après une rupture avec son père.

À l'âge de 12 ans, le père de Mme Babirye l'a épousée en échange de vaches, selon la coutume en vigueur alors.

Elle se souvient de sa première grossesse. Elle avait 13 ans lorsqu'elle est tombée enceinte pour la première fois en 1994. À cette époque, les femmes enceintes du village allaient voir la sage-femme traditionnelle pour les aider à accoucher. La grand-mère de Mme Babirye était l'une de ces sage-femmes.

À ce jour, Mme Babirye a donné naissance à six paires de jumeaux, trois séries de triplés, trois séries de quadruplés et deux enfants nés seuls. Elle a fait une fausse couche une fois, alors qu'elle était enceinte de de quintuplés depuis cinq mois.

Mme Babirye a toujours accouché chez elle, sauf dans le cas du dernier né. Elle a tenté de recourir à plusieurs procédés de contrôle des naissances mais ils ne fonctionnaient pas car elle souffrait de graves effets secondaires.

"Je souffrais de beaucoup d'effets secondaires lorsque j'utilisais des méthodes de planification familiale, alors les médecins m'ont dit de ne plus les utiliser. Ils m'ont dit de continuer à enfanter sinon je mourrais", a-t-elle dit à Xinhua dans une interview récente.

Les médias locaux rapportent que des médecins auraient dit que son nombre d'ovules élevés pourrait déclencher de graves effets secondaires chez elle si elle cessait de tomber enceinte.

Charles Kiggundu, gynécologue à l'hôpital national ougandais de Mulago, estime qu'il peut arriver que certaines femmes aient un nombre d'enfants si élevé, même si ce n'est pas commun.

D'un point de vue scientifique, chaque femme a un potentiel d'ovulation de 12 à 15 ovules par mois. Dans la plupart des cas, seuls un ou deux de ces ovules sont fécondés, auquel cas une femme peut avoir jusqu'à deux bébés dans la matrice.

Toutefois, il peut arriver que plus de deux ovules soient fécondés.

"Cela peut être lié à des facteurs génétiques ou environnementaux, mais scientifiquement c'est possible", commente-t-il.

"Les médias l'ont rendue célèbre, et selon les écrits actuels elle serait la femme la plus fertile qu'ait connu l'Ouganda", indique M. Kiggundu.

Mme Babirye a fort à faire pour veiller sur tous ses enfants à elle seule. Elle a quitté son mari il y a quelques mois après une dispute. Sa fille la plus âgée a fini une formation d'infirmière mais elle n'a pas encore de travail.

"Elle a tenté de chercher du travail mais sans succès. Partout où elle se rend ils réclament de l'argent pour lui fournir un travail", raconte Mme Babirye.

Cette mère de famille s'acquitte pour sa part de toutes sortes de travaux pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille.

Malgré les difficultés, elle n'a pas d'autre choix que de continuer, dit-elle. Heureusement, certains de ses enfants bénéficient de l'éducation gratuite qu'offre le gouvernement.

Certaines âmes charitables lui envoient aussi de la nourriture de temps en temps.

"Je m'efforcerai de veiller à ce que mes enfants aient de quoi manger. Je n'abandonnerai jamais mes enfants même si nous avons beaucoup de mal à survivre", affirme-t-elle.

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