Lundi 19 Février 2018

Réfugiés en Ouganda: l'ONU veut une enquête sur des allégations de trafic d'êtres humains

Réfugiés en Ouganda: l'ONU veut une enquête sur des allégations de trafic d'êtres humains
(AFP 05/02/18)
Des réfugiés sud-soudanais arrivent dans le camp de Palabek, dans la province de Lamwo, en Ouganda, le 16 juin 2017.

Les Nations unies ont appelé les autorités ougandaises à enquêter sur des allégations de "trafic d'êtres humains" dans des camps de réfugiés et de fraudes massives liées à l'assistance humanitaire, a-t-on appris lundi auprès de la plus haute responsable de l'ONU dans ce pays.

Rosa Malango, coordinatrice résidente de l'ONU en Ouganda, a indiqué à l'AFP s'être inquiétée, dans un courrier au bureau du Premier ministre ougandais envoyé le 26 janvier, d'allégations "allant de la corruption à la fraude, en passant par le trafic de femmes et filles ainsi que par l'intimidation et le harcèlement du personnel de l'ONU".

"A partir du moment où quelqu'un, qui qu'il soit, évoque quelque chose qui ressemble à de l'exploitation ou des abus sexuels, je me dois de demander une enquête (...), et c'est ce que j'ai fait", a affirmé Mme Malango, ajoutant que les autorités ougandaises lui ont assuré qu'une enquête serait ouverte.

Une source diplomatique sous couvert d'anonymat a précisé que ces accusations portent sur des femmes et filles sud-soudanaises se trouvant dans des camps de réfugiés dans le nord de l'Ouganda, qui seraient vendues comme "épouses" à des combattants sud-soudanais et donc renvoyées dans leur pays en guerre.

Des fonctionnaires ougandais chargés de la protection des réfugiés pourraient être impliqués, selon la même source.

Quant aux accusations de fraude et de corruption, des responsables d'ONG ont dit soupçonner depuis plusieurs années que les chiffres officiels sur le nombre de réfugiés en Ouganda ont été gonflés artificiellement, notamment dans le but de détourner massivement des fonds et autres ressources humanitaires.

Selon des sources diplomatiques, au moins un important donateur a suspendu, à la lumière de ces allégations, la majeure partie de l'aide humanitaire qu'il fournit, dans l'attente de la mise en place d'un système d'identification biométrique des réfugiés. D'autres donateurs ont menacé de lui emboîter le pas.

Mme Malango a également précisé qu'un audit interne était en cours au sein du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR) en Ouganda, en lien avec les allégations de corruption et de fraude.

L'Ouganda, un des pays les plus pauvres au monde, est depuis longtemps considéré comme l'un des pays offrant l'environnement le plus favorable aux réfugiés. Officiellement, l'Ouganda accueille 1,4 million de réfugiés, dont environ un million de Sud-Soudanais.

Jeudi, le Haut-Commissaire de l'ONU aux réfugiés, Filippo Grandi, avait encore salué "une des politiques les plus progressistes pour les réfugiés, pas seulement en Afrique, mais aussi dans le monde".

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