Lundi 23 Octobre 2017

L'Ouganda vers une suppression de la limite d'âge du président

L'Ouganda vers une suppression de la limite d'âge du président
(AFP 27/09/17)
L'Ouganda vers une suppression de la limite d'âge du président.

Le Parlement ougandais, largement dominé par le parti au pouvoir, a effectué mercredi un premier pas en vue de supprimer la limite d'âge pour être élu président, qui permettrait au chef de l'Etat Yoweri Museveni de briguer un sixième mandat en 2021.

Au terme d'une séance parlementaire qui s'est transformée comme la veille en pugilat, l'Assemblée a adopté une motion autorisant un député du parti au pouvoir, le Mouvement de résistance nationale (NRM), à présenter devant le parlement un projet de loi visant à amender la Constitution, a annoncé le Parlement sur son compte Twitter.

Pour que cet amendement soit effectif, le projet de loi devra être débattu puis adopté à la majorité des deux tiers lors de deux votes distincts espacés d'au moins 14 jours. Aucune date n'a été fixée.

La motion devait déjà faire l'objet d'un vote mardi au parlement, mais la séance s'était muée en pugilat entre députés du parti au pouvoir et de l'opposition lorsqu'un élu d'opposition a accusé un ministre de l'avoir menacé et d'avoir apporté un pistolet au Parlement.

La séance de mercredi a également donné lieu à des scènes de violences lorsque la présidente de l'Assemblée a annoncé la suspension de 25 députés pour les échauffourées de mardi.

L'empoignade a principalement opposé les parlementaires suspendus aux forces de l'ordre qui leur intimaient l'ordre de quitter les lieux. Le vote sur la motion a finalement eu lieu mercredi soir après que les députés de l'opposition eurent quitté l'hémicycle en signe de protestation.

"Nous ne participerons pas au projet de présidence à vie de Museveni", a déclaré à la presse la chef de file de l'opposition au parlement, Winnie Kizza, alors que plusieurs députés d'opposition ont été arrêtés pour l'empoignade de mercredi.

Le député Moses Balyeku, qui soutient la motion, a estimé que "l'âge ne devrait pas être un facteur qui limite le droit et la liberté de chaque Ougandais à briguer le poste de président", lors d'une séance qui n'a pas été retransmise en direct à la télévision, à la suite d'une interdiction en ce sens de l'organe de régulation des médias.

Prise en raison des échauffourées de la veille, la décision d'interdire la diffusion a été vivement critiquée par l'ONG Amnesty International.

"C'est inacceptable qu'en Ouganda, le régulateur des médias menace de fermer des médias simplement parce qu'ils font leur travail et retransmettent des événements en direct", a déclaré dans un communiqué Michelle Kagari, une responsable de l'ONG. "Les Ougandais ont le droit de savoir ce que font leurs représentants élus".

La Constitution impose aux candidats au poste de président d'être âgés de 35 à 75 ans. Une modification de cette dernière permettrait à Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986 et âgé de 73 ans, de se présenter en 2021 pour un sixième mandat consécutif.

En 2005, le Parlement avait adopté un amendement constitutionnel supprimant la limitation à deux mandats présidentiels, permettant ainsi à Yoweri Museveni de se présenter pour un troisième, quatrième et cinquième mandat.

Le projet de loi est contesté en Ouganda, principalement par les étudiants de la principale université du pays, Makerere. Ces derniers ont bravé à plusieurs reprises une interdiction de manifester. Ces manifestations sur le campus de l'université, situé non loin du Parlement, ont à chaque fois été dispersées par des gaz lacrymogènes.

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