Lundi 23 Octobre 2017

Etudiants et députés ougandais contre la suppression de l’âge limite des candidats à la présidence

Etudiants et députés ougandais contre la suppression de l’âge limite des candidats à la présidence
(Le Monde 22/09/17)
Une marche d'étudiants.

Après une journée tendue à Kampala, l’examen du projet de loi devant le Parlement, qui permettrait à Yoweri Museveni de se représenter à vie, a été ajourné.
Signe de nervosité ou tentative de démobilisation de l’opposition : le texte de révision de la Constitution sur l’âge limite pour participer à la présidentielle, qui devait être présenté au Parlement jeudi 21 septembre, a finalement été reporté sine die. Après cette nouvelle, des députés de l’opposition sont sortis de l’Hémicycle, en chantant et arborant des bandeaux rouges. C’est l’épilogue rocambolesque d’une journée assez tendue à Kampala, qui a commencé tôt, sur le campus de Makerere. Quelques centaines d’étudiants ont tenté d’organiser une manifestation pour protester contre cette mesure, susceptible de permettre au président Museveni, 73 ans, de se représenter à vie.

Très vite, les esprits se sont échauffés et quelques leaders ont été arrêtés. Jets de pierres contre gaz lacrymogènes, fuite désorganisée face aux charges de la police militaire, puis regroupement et nouveau départ aux cris de « Nous voulons du choix, Museveni n’est pas notre roi ! ». Ce jeu du chat et de la souris a duré une bonne partie de la journée. Les forces de l’ordre avaient visiblement pour objectif de contenir les étudiants au sein du campus pour les empêcher de marcher vers le Parlement.

Au même moment, le rassemblement prévu par le maire de Kampala, Erias Lukwago, figure de l’opposition, a tourné court. L’édile a été arrêté à la sortie de sa résidence puis conduit à un poste de police. L’opposant historique à Museveni, Kizza Besigye, a lui été une nouvelle fois assigné à résidence. Devant le Parlement, Norbert Mao, le président du Parti démocratique, a été interpellé et emmené dans un véhicule de police.
« Personnes à l’esprit criminel »

Quant au nouveau prodige de la politique ougandaise, le député rappeur Bobi Wine, il ne pouvait participer au mouvement, étant en déplacement à New York. Mais il a largement pris part au débat, en diffusant sur ses comptes Facebook et Twitter un discours enregistré dénonçant le projet de loi. Invoquant le texte de la Constitution et Bob Marley, il n’a pas hésité à fustiger les parlementaires « traîtres » qui soutiennent cette mesure « anti-patriotique », assurant que leur nom est inscrit « sur le mur national de la honte ».

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