Lundi 20 Novembre 2017

En Ouganda, sur la trace des virus tueurs

En Ouganda, sur la trace des virus tueurs
(Le Monde 27/10/17)
Un patient attend pour une opération, à l'hôpital de Kampala.

Ebola, Zika, peste, typhoïde… A Entebbe, un laboratoire analyse les pires ennemis de l’espèce humaine. Visite guidée. Avec ses pelouses entretenues et ses petits bâtiments de deux ou trois étages entre lesquels déambulent quelques singes en quête de nourriture, le centre ressemble à s’y méprendre à un campus huppé. A travers les fenêtres, on aperçoit des conférenciers donner des cours à des étudiants.

Seuls les réservoirs annotés « azote liquide », les panneaux alertant sur les risques biologiques et quelques gardes armés postés à l’entrée donnent des indications sur la nature de ce qui se cache derrière ces murs. Ebola, VIH, peste, typhoïde : dans les laboratoires de l’Institut ougandais de recherche sur les virus (UVRI), à Entebbe, sont analysés depuis la fin des années 1930 – et malgré les multiples soubresauts politiques de l’histoire ougandaise – les pires ennemis de l’espèce humaine.

Du mercredi 25 au vendredi 27 octobre, Kampala, la capitale de l’Ouganda, accueille le sommet du Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale. Selon Robert Downing, directeur du laboratoire de l’institut, le pays « a été choisi par le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies [le CDC, puissante organisation basée aux Etats-Unis] pour héberger le sommet car il s’agit d’un lieu important pour la recherche sur les maladies infectieuses ».

Fièvre de Marburg

Grand, sec, blouse et barbe blanches, Robert Downing travaille depuis plus de treize ans à l’UVRI, tout en ayant un rôle de consultant auprès du CDC. Selon lui, la pression démographique, combinée au développement agricole, fait de l’Ouganda un sujet d’étude intéressant, car elle pousse les populations à empiéter sur les forêts et à entrer ainsi en contact avec des réservoirs de virus comme les singes ou les chauves-souris. Un cas de fièvre de Marburg, provoqué par un virus cousin d’Ebola, a par exemple été confirmé il y a quelques jours dans l’est du pays.

Préparation aux situations d’urgence, centre d’étude et de formation sur les pathologies, analyses scientifiques, élaboration de politiques publiques de prévention… L’institut ne cesse de développer ses activités et partenariats. A l’intérieur des bâtiments, deux atmosphères très différentes coexistent. Dans les bureaux, des étagères poussiéreuses au design suranné, sur lesquelles s’entassent des dossiers aux noms de virus inquiétants. Sur les murs des couloirs, des vestiges de vieux tableaux électriques – que l’on espère déconnectés – et, partout, ces logos « biohazard », symboles de danger biologique, qui provoquent la chair de poule.

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