Vendredi 20 Octobre 2017

En Ouganda, qui a peur de Bobi Wine, le « président du ghetto » ?

En Ouganda, qui a peur de Bobi Wine, le « président du ghetto » ?
(Le Monde 05/10/17)
La résidence du très populaire député Bobi Wine, ex-chanteur de ragga et farouche opposant au projet de réforme de la Constitution, a été la cible de grenades.

La résidence du très populaire député Bobi Wine, ex-chanteur de ragga et farouche opposant au projet de réforme de la Constitution, a été la cible de grenades. Sur toutes les façades du quartier populaire de Kyadondo Est, en périphérie de Kampala, le portrait du député de l’opposition Robert Kyagulanyi, plus connu sous son nom de scène Bobi Wine, figure en bonne place. Située en plein milieu de l’arrondissement, la résidence du nouveau prodige de la politique ougandaise est un peu tape-à-l’œil, avec ses grands balcons et ses colonnades blanches. Dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 octobre, elle a été la cible de grenades.

Mardi matin, l’ancien chanteur de ragga (un genre musical issu du reggae) a quelque peu perdu de sa superbe. Les traits tirés, vêtu d’un pull et d’un jean troué, il montre les dégâts causés par les projectiles. L’une d’entre elle a fait voler en éclats la fenêtre de la chambre de son fils aîné. « Ce sont des agents de l’Etat qui ont fait ça », s’insurge-t-il, sans donner plus de précisions. Pour lui, pas de doute possible : son engagement contre la réforme de la Constitution prévoyant de supprimer l’âge limite (75 ans) pour pouvoir se présenter à la présidentielle est à l’origine de cette attaque. Il affirme avoir « reçu des menaces de mort » le visant, lui et sa famille, s’il n’arrêtait pas tout de suite son militantisme.

C’est la deuxième fois en trois jours que sa maison est visée de la sorte. Deux autres députés au moins ont également été la cible d’engins explosifs du même type, mais Bobi Wine est particulièrement sous les feux des projecteurs depuis son élection au poste de député, en juin. Et les images du mercredi 27 septembre le montrant tenir tête aux forces de sécurité venues l’évacuer de l’Assemblée nationale ont fait le tour des médias nationaux et internationaux. Lors d’un débat consacré au projet de réforme de la Constitution, la séance avait tourné au pugilat entre parlementaires, l’opposition dénonçant un texte permettant au chef de l’Etat, Yoweri Museveni, âgé de 73 ans et au pouvoir depuis 1986, de briguer un nouveau mandat en 2021. Convoqué par la police, Bobi Wine a été brièvement interpellé lundi après-midi.

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