Lundi 18 Décembre 2017

En Ouganda, le spectre de la guerre civile sud-soudanaise

En Ouganda, le spectre de la guerre civile sud-soudanaise
(Le Monde 04/12/17)
Un réfugié sud-soudanais récemment arrivé charge ses biens dans un camion du HCR à la frontière du Soudan du Sud et de l'Ouganda

Les exilés ont transporté avec eux traumatismes et désir de vengeance. C’est d’un conteneur exigu, ­surmonté d’une antenne de radio, que la voix de Martin Okudi résonne dans les camps du ­district d’Adjumani, dans le nord de l’Ouganda. L’animateur de la station Usalama diffuse des programmes destinés à faciliter l’intégration des réfugiés sud-soudanais et à pacifier les esprits. Car si les exilés arrivent souvent sans bagages, ils apportent avec eux traumatismes et rancœurs. « Les chefs des communautés dinka et nuer [les deux principales ethnies en guerre au Soudan du Sud] s’asseyent autour de la table, explique Martin Okudi. Au micro, ils dialoguent de paix, de réconciliation ou de pardon. » Une gageure dans ce conflit très meurtrier (300 000 morts, selon des experts). Cette initiative est l’une des mesures prises par les autorités pour parer aux risques d’importation de la guerre civile sud-soudanaise.

Affrontements ethniques

Fin mai, dans le camp de Palabek, une famille sud-soudanaise a lancé une vendetta à la vue du meurtrier d’un de ses membres. Cet affrontement, opposant ethnies dinka et acholi, dispersé par des tirs de gaz lacrymogène de la police, a fait cinq blessés. Pareilles tensions sont exacerbées par l’amenuisement des ressources, sous la pression d’un afflux continu de demandeurs d’asile. Pour des rapines dans un champ, une querelle peut dégénérer.

« Dans chaque camp, nous avons des policiers, assure Titus Jogo, représentant du bureau du premier ministre dans le district d’Adjumani, et nous y disposons d’un réseau d’informateurs. » Les autorités ont la hantise qu’émergent, en leur sein, des groupes armés. Pour s’en prémunir, elles mêlent les tribus dès leur installation. Seuls 4 000 réfugiés sont confinés : des hommes pour la plupart, tous dinka, l’ethnie du président sud-soudanais Salva Kiir, principale responsable des exactions contre les civils.

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