Lundi 23 Octobre 2017

Des milliers de déplacés dans des violences interethniques en Ethiopie

Des milliers de déplacés dans des violences interethniques en Ethiopie
(Le Monde 13/10/17)
De violents affrontements à la frontière des régions Oromia et Somali ont fait des centaines de morts et poussé de nombreuses familles à fuir.

De violents affrontements à la frontière des régions Oromia et Somali ont fait des centaines de morts et poussé de nombreuses familles à fuir. Fatiha Abdellah serre son téléphone dans la main. Elle attend un coup de fil. Elle n’a plus de nouvelles de sa sœur depuis qu’elle a quitté Jigjiga, la capitale de la région Somali, dans l’est de l’Ethiopie. « Je ne sais pas si elle est encore en vie », dit la jeune femme de 23 ans, la voix cassée. Comme elle, des dizaines de milliers d’Oromo, l’ethnie majoritaire du pays, ont été forcés de fuir la région en raison de tensions interethniques avec les Somali. Des tensions si fortes qu’elles ont obligé les Nations unies à retirer en catimini leur personnel oromo de Jigjiga.

Depuis près de deux semaines, Fatiha vit dans un grand entrepôt en périphérie de la ville de Harar, à une centaine de kilomètres de là. Ils sont plus de 3 000 à avoir trouvé refuge dans ce camp de fortune, après un voyage éprouvant. Serrés dans des remorques de poids lourds, ils sont partis sous escorte de l’armée fédérale. « Nous vivions en paix avec les Somali, nous n’avions aucun désaccord. Nous ne savons pas ce qui s’est passé », dit Aïcha Abdellah, une dame voilée à l’air interdit.

Une force paramilitaire

Des affrontements d’une rare violence le long de la frontière entre les régions Somali et Oromia ont fait plusieurs centaines de morts ces derniers mois. Cette frontière longue de plus d’un millier de kilomètres est depuis des années le théâtre de tensions en raison de vieux désaccords sur sa démarcation et sur le partage des terres et des ressources en eau très convoitées. Malgré la signature il y a quelques mois d’un accord entre les présidents des deux régions pour cesser les hostilités, le conflit a récemment pris une ampleur sans précédent, et les joutes verbales entre dirigeants se sont multipliées.

Les Oromo ont manifesté dans quatre villes de leur région, le 12 septembre, pour protester notamment contre l’inaction du gouvernement fédéral face aux attaques à la frontière. Un événement aurait mis de l’huile sur le feu : la détention arbitraire et le meurtre de personnalités politiques oromo imputés à la Liyu Police. Les Oromo accusent cette force paramilitaire d’être responsable d’incursions armées meurtrières sur leur territoire. Créée il y a dix ans par les autorités éthiopiennes suite à un conflit armé entre le Front national de libération de l’Ogaden – un groupe séparatiste – et le gouvernement, elle est régulièrement accusée de graves exactions par Human Rights Watch. Des accusations démenties par les autorités somali.

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