Vendredi 15 Décembre 2017

Corruption : avant Deby et Museveni, ces présidents africains cités dans des scandales (1/2)

Corruption : avant Deby et Museveni, ces présidents africains cités dans des scandales (1/2)
(La Tribune 24/11/17)
Les présidents tchadien Idriss Déby Itno (G) et ugandais Yoweri Museveni (D)

Pour 2 millions de dollars, Idriss Deby, le président du Tchad aurait cédé une concession pétrolière à une entreprise chinoise. Pour moins (500.000 dollars), Yoweri Kaguta Musveni, le chef de l’Etat ougandais, aurait accordé des avantages commerciaux à la même société dans le secteur banquier et énergétique. Pourtant, bien avant ces deux présidents africains, certains de leurs pairs ou ex-pairs ont été éclaboussés par des scandales de corruption. La Tribune Afrique vous en dresse une liste non exhaustive.

Dans le sulfureux rôle d'entremetteur, Chi Ping Patrick Ho, ancien ministre de l'intérieur de Hongkong, aidé dans le cas tchadien par Cheikh Tidiane Gadio, ancien chef de la diplomatie sénégalaise, aurait réussi à obtenir des présidents tchadien et ougandais, des avantages commerciaux pour le compte de la CEFC China Energy, une société de Shanghai dirigée par Ye Jianming. L'affaire, pendante devant la justice américaine dans un scénario proche d'une guerre économique américano-chinoise, n'est pas sans rappeler d'autres présidents africains qui auraient trempé les mains dans des esclandres du même acabit.

Jacob Zuma : « Mister Scandal », l'homme aux pieds de béton

Locataire du « Palais de la Nouvelle Aube » depuis 2009, Jacob Zuma pourrait connaître des lendemains sombres. Même si l'affaire Gupta a fait chuter des multinationales, le successeur de Thabo Mbeki a vacillé devant douze motions de censure, mais est toujours retombé sur ses pieds de béton, renforcés par son image au sein de la jeunesse militante de l'ANC.

Le septuagénaire a accumulé une tirelire de scandales lors de son passage à la vice-présidence avec le versement de pots-de-vin dans l'affaire d'achat d'armes Thint-Thales en 2005, annulée de justesse à cause d'un vice de forme sous la pression de la jeunesse de l'ANC. Au moment d'ouvrir la boîte, il faudra aussi ressortir une pléthore de casseroles liées aux Gupta qui ont entaché son fils Duduzane et sa fille Duduzile.

Joseph Kabila : quand la RDC devient un « bien familial »

Hors des versements sous le manteau pour débaucher des adversaires ou les courtisans politiques, une ardoise de faits de corruption accable Joseph Kabila. Avec la transmission du pouvoir par son père il y a 16 ans, le président congolais ne prend pas seulement le nom d'« héritier du Mzee ».

Dans son testament, Laurent Désiré Kabila lui lègue aussi un embryon de pouvoir économique qu'il va s'empresser de faire fructifier et d'étendre à tous les secteurs de l'économie de la RDC, au point d'en faire « un bien familial ». Le système de corruption, généralisé dans une nébuleuse opaque, place sa famille et ses proches pour des détournements via des sociétés-écran, des affectations et des détournements dans les comptes des grandes entreprises publiques, comme déjà largement documenté par une enquête du quotidien belge Le Soir ou encore du Groupe d'études sur le Congo (GEC).

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