Mercredi 20 Septembre 2017

Affrontement entre l'armée nigériane et des indépendantistes pro-Biafra

Affrontement entre l'armée nigériane et des indépendantistes pro-Biafra
(AFP 11/09/17)
Des partisans de l'indépendance du Biafra.

Des partisans de l'indépendance du Biafra se sont affrontés dimanche avec l'armée nigériane dans le sud-est du pays, affirmant que cinq d'entre eux avaient été tués, ce que l'armée a immédiatement démenti.

Dans un communiqué, le mouvement séparatiste pour les Peuples indigènes du Biafra (IPOB) a assuré que l'armée et la police avaient ouvert le feu lors d'une opération destinée à tuer le leader du mouvement, Nnamdi Kanu, à son domicile à Umuahia, faisant cinq morts dans ses rangs.

L'IPOB réclame un État séparé du Nigeria pour les Igbos, le groupe ethnique le plus nombreux du sud-est du Nigeria, 50 ans après la déclaration d'indépendance du Biafra qui avait déclenché une sanglante guerre civile de 30 mois, de 1967 à 1970.

Le porte-parole de l'IPOB, Emma Powerful, a affirmé que 30 personnes avaient aussi été blessées.

Ifeanyi Ejiofor, l'avocat du jeune leader indépendantiste, en a rendu responsable le président nigérian Muhammadu Buhari.

Nnamdi Kanu --qui prône la "désobéissance civile" pour obtenir un referendum d'autodétermination-- est en liberté sous caution depuis fin avril en attendant la reprise de son procès pour trahison dans la capitale, Abuja.

Le porte-parole de l'armée, le major Oyegoke Gbadamosi, a qualifié de "fiction" les affirmations de l'IPOB, ajoutant qu'elles étaient "loin de la vérité".

Selon lui, des militants de l'IPOB, ont bloqué un convoi militaire vers 06H00 (17H00 GMT) avant de jeter des pierres et des bouteilles cassées sur les soldats, blessant l'un d'entre eux et un passant.

"Les troupes ont procédé à des tirs de sommation en l'air et les voyous se sont dispersés. Personne n'a été tué", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Aucune vérification indépendante n'était possible dans l'immédiat.

Amnesty International estime que les forces de sécurité ont tué au moins 150 partisans de l'indépendance du Biafra depuis août 2015 et en ont blessé des centaines d'autres, ce qu'Abuja nie en bloc.

Le séparatisme est toujours vivace dans la région malgré la défaite subie au terme de la guerre civile et les centaines de milliers de morts qu'elle a provoqués.

Nombreux parmi les Igbos sont ceux qui pensent que les gouvernements fédéraux successifs se sont refusés à investir dans la région déshéritée pour la punir de la sécession de 1967.

Les tensions sont accrues depuis le début de l'année après que les Igbos installés dans le nord musulman se sont vus priés de regagner le sud, majoritairement chrétien, d'ici le 1er octobre.

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