Lundi 23 Octobre 2017

«Tayi Tawri» : les Nigériens vont devoir davantage se serrer la ceinture !

«Tayi Tawri» : les Nigériens vont devoir davantage se serrer la ceinture !
(La Tribune 11/10/17)
Le président nigérien Mahamadou Isssoufou

Conjoncture oblige et pressé par ses partenaires financiers, le gouvernement nigérien s’est engagé dans une véritable opération de ressources internes. Des mesures annoncées pour le prochain exercice budgétaire vont se traduire par l’augmentation de certains tarifs et l’instauration de nouvelles taxes afin de rehausser les recettes fiscales. De quoi susciter l’inquiétude chez les consommateurs dont le pouvoir d’achat sera fortement impacté et qui s’attendent également à ce que l’Etat y contribue en réduisant son train de vie et en améliorant la gouvernance publique. De quoi exacerber les risques de tensions sociales dont les germes mûrissent depuis quelques temps. Décryptage.

Les Nigériens avaient inventé depuis quelque temps un concept, «Tayi Tawri» (les temps sont durs en langue haoussa) pour ironiser sur la morosité économique ambiante dont les prémisses avaient pointé leur nez dès les premiers mois de la crise née de la baisse des cours des matières premières entamées en 2014. Ce n'était pourtant que la partie visible de l'iceberg, car si depuis, comme au niveau mondial, le contexte ne s'est que relativement peu amélioré, les prochains mois s'annoncent encore plus difficiles et il va falloir se serrer davantage la ceinture. Cette fois, ce n'est point l'Etat et ses caisses qui vont subir l'impact de la crise, mais les contribuables, désormais «invités» par le gouvernement à mettre la main à la poche. C'est en tout cas ce que laisse présager le prochain exercice budgétaire qui s'ouvre dans quelques mois et qui, le moins que l'on puisse dire, ne s'annonce pas sous de bons auspices pour les consommateurs nigériens.

Malgré des perspectives économiques quelque peu solides selon le FMI, le pays traverse une crise des finances publiques avec l'assèchement des recettes provoquées par divers facteurs endogènes et exogènes. Après avoir tenté de tenir bien que mal ces derniers mois en misant notamment sur des mesures destinées à améliorer la mobilisation des ressources internes, les autorités nigériennes comptent désormais élargir l'assiette fiscale pour engranger plus de recettes.

Hausse du tarif d'électricité, instauration de nouvelles taxes et certaines redevances ou réintroduction de la TVA sur certains produits de première nécessité : les mesures contenues dans le projet de loi de finances 2018 actuellement en discussion au Parlement vont induire une hausse du coût de la vie pour les consommateurs. Pour l'Etat, il s'agit plutôt de se conformer aux directives des partenaires financiers notamment le FMI qui soutient le Niger par un programme d'assistance financière au titre de la Facilité élargie de crédit. A plusieurs reprises, les services de l'institution de Bretton Woods ont certes encouragé le Niger sur les progrès réalisés conformément aux objectifs convenus tout en réitérant au gouvernement la nécessité de poursuivre les efforts pour une plus grande mobilisation des ressources fiscales.

La semaine dernière, à l'occasion de la dernière réunion de la zone Franc à Paris, à laquelle a pris part le ministre nigérien des Finances Hassoumi Massoudou, les pays membres se sont engagés à renforcer la mobilisation des ressources internes, notamment les recettes fiscales qui ne dépassent pas 15% du PIB en moyenne dans la région. Un plan d'action en 21 mesures a été adopté en ce sens sous la direction de l'argentier français Bruno Le Maire qui a clairement fait savoir à ses homologues du continent «qu'on ne peut pas envisager de réduction durable de la dette ni de relance de l'économie et de croissance sans mobilisation des recettes fiscales».

A force de ressasser les mêmes recettes, le message est cette fois bien entendu par le gouvernement nigérien qui n'a de toute façon pas beaucoup d'options en la matière.

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