Lundi 23 Octobre 2017

Niger : le mort de trop

Niger : le mort de trop
(Paris-Match 19/04/17)
La voiture où se trouvait des responsables du syndicat étudiant s'est renversée ici à Niamey le 10 avril 2017, après avoir été prise en chasse par les forces de l'ordre réprimant les manifestations

Au lieu de taire la contestation, la répression de la manifestation du 10 avril 2017 au Niger provoque un bras de fer entre le régime et les syndicats étudiants

"Tayi Tawri" signifie "la vie est dure" en Haoussa. La chanson et le clip avaient connu un grand succès au Niger il y a quelques mois. Alors, la contestation s’exprimait sur le ton de l’humour et de la douceur. L’ambiance n’est plus la même depuis la mort lundi 10 avril de Mala Bagalé, élève en 3ème année de sociologie à l’université Abdou Moumouni de Niamey. Le jeune étudiant a été tué par un tir de gaz lacrymogène alors qu’il discutait tranquillement en marge d’une manifestation pacifique le 10 avril dernier dans la capitale du Niger.

Le lendemain, le secrétaire Général adjoint du l’Union des scolaires nigériens (USN) Yayé Djibo prononce une déclaration fracassante promettant que "ce crime ne restera pas impuni". "Tout le Niger sait que les scolaires n’ont porté atteinte à aucun bien public, ni à aucune personne physique. Nous avons été lâchement, violemment attaqués par les forces de l’ordre", a dit le jeune étudiant nigérien, avant d’être lui-même arrêté par la police et incarcéré.

De passage à Paris pour assister au 85ème Congrès de l’UNEF, le secrétaire Général de l’USN, Soumana Sambo Housseini nous a confirmé le bilan des manifestations : un mort, 70 blessés et plus de 60 arrestations. "Le véhicule où se trouvait les responsables de l’USN a été pris en chasse par les forces de l’ordre, leur voiture a été renversée et il y a eu plusieurs des blessés", nous a expliqué le syndicaliste.

Selon lui, il ne s'agirait pas là de bavures policières, mais d'une volonté délibérée de s'en prendre aux Leaders d'opinion. Trois jours avant la manifestation, le journaliste Baba Alpha, grande voix du syndicalisme, et l’activiste Maikoul Zodi étaient d'ailleurs eux aussi incarcérés; des arrestations qui témoignent de la crispation du régime de Mahamadou Issoufou face à la grogne sociale.

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