Niger : « La victoire sur Boko Haram ne sera pas que militaire » | Africatime
Samedi 29 Avril 2017

Niger : « La victoire sur Boko Haram ne sera pas que militaire »

Niger : « La victoire sur Boko Haram ne sera pas que militaire »
(Le Monde 18/04/17)
Mahamadou Laouali Dan Dano, gouverneur de la région de Diffa, au Niger, en mars 2017.

Retour à Diffa (1/5). Mahamadou Laouali Dan Dano, le gouverneur de la région, explique sa stratégie de la « main tendue » aux terroristes repentis.

Après avoir longtemps épargné le Niger, la secte islamiste Boko Haram a commis sa première attaque sur le territoire en février 2015 à Diffa, chef-lieu de la région du même nom, dans le sud-est du pays. Le groupe terroriste a ensuite multiplié ses actions au

Les habitants de 211 villages, soit près de 200 000 personnes, ont dû fuir les exactions de Boko Haram sur les berges de la rivière Komadougou et dans le lit du lac Tchad pour se réfugier sur des sites spontanés le long de la route nationale numéro 1. Selon un décompte établi par les organisations humanitaires, près de 300 personnes ont été tuées par Boko Haram en deux ans au Niger.

Présentation de notre série Retour à Diffa

Après avoir arrêté et incarcéré plus d’un millier d’éléments présumés du groupe islamiste, le gouvernement nigérien a fait une offre d’amnistie en décembre 2016 aux combattants de Boko Haram qui accepteraient de déposer les armes. Investi en juin 2016 gouverneur de la région de Diffa, Mahamadou Laouali Dan Dano, 47 ans, spécialiste en management des entreprises formé à Lille, dans le nord de la France, a la haute main sur ce délicat dossier des repentis.

N’est-il pas paradoxal de proposer une amnistie à certains combattants de Boko Haram alors que d’autres sont jugés et lourdement condamnés ?

Mahamadou Laouali Dan Dano Notre main tendue a été officialisée le 22 décembre 2016 par le ministre de l’intérieur, Mohamed Bazoum. Il s’agit d’offrir l’occasion de rentrer dans le rang à tous les fils du pays qui se sont trompés à un moment de leur vie. De nombreux combattants veulent quitter Boko Haram mais ne peuvent pas revenir au Niger, par crainte d’être arrêtés. J’ai donc proposé au ministre cette nouvelle approche, et cela semble fonctionner. Depuis l’officialisation de notre main tendue, il y a moins d’attaques nocturnes contre les villages.

Commentaires facebook