Mercredi 16 Août 2017

Niger: arrestation du chef de file de l'opposition

Niger: arrestation du chef de file de l'opposition
(Afrique Actualité 18/05/17)
Amadou Djibo Ali, dit Max, président du Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR), l'opposition politique nigérienne.

Des éléments de la police judiciaire ont procédé lundi dernier, à 6 h du matin, à l'arrestation à son domicile de Amadou Djibo Ali, dit Max, président du Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR), l'opposition politique nigérienne. Les motifs de cette arrestation sont encore inconnues. Une arrestation de trop pour l'opposition qui estime que « les effets de la confiscation du pouvoir sont patents et ils ont atteint un point culminant ».

« L'opinion nationale et internationale aura enfin compris que Issouffou Mahamadou constitue lui-même, le mal nigérien, » déclare Falké Bacharou, du FRDDR. « Incapable d'apporter la moindre réponse aux préoccupations légitimes des Nigériens, en particulier celles du monde de l'éducation, du secteur de la santé comme celle du monde rural, aujourd'hui victime de la famine, de la malnutrition, Issoufou Mahamadou a fini par installer le Niger dans la désespérance », ajoute-t-il.

L'opposition en légitime défense

Le FRDDR estime qu'en faisant arrêter le président de la coalition de l'opposition, en violation de toutes les règles de procédures judiciaires, « de façon vulgaire et inhumaine », « Issoufou Mahamadou a touché le fond du tolérable ». Elle prend à cet effet à témoin l'opinion nationale et internationale « qu'elle se sent désormais en position de légitime défense ». « Elle est prête », déclare Falké Bacharou, ajoutant que le FRDDR répondra à tout acte de provocation, d'intimidation et de velléité agressive venant du pouvoir et, « elle l'assumera », prévient-il.

Ainsi, tout en exigeant la libération du président du FRDDR, et de toutes les personnes injustement incarcérées, l'opposition « réitère son exigence du départ sans tarder de l'usurpateur Issoufou Mahamadou » et engage l'ensemble de ses structures à une mobilisation permanente et à se « mettre en position de riposte appropriée en toutes circonstances et en tous lieux ».

La société civile dans la danse

L'arrestation du président du FRDDR intervient 24 heures à peine de l'arrestation de plusieurs acteurs de la société civile, mais aussi d'un journaliste accusé de faux et usage de faux en écriture publique.

La société civile constate à cet effet, la primauté de l'injustice, du népotisme, de la corruption, de la création d'emplois fictifs, de l'impunité et l'arbitraire dans la gestion du pays, mais aussi les violations graves des droits humains. Elle entend ainsi se donner tous les moyens pour empêcher le retour à l'autoritarisme. « Nous dénonçons et condamnons fermement la politique va-t-en-guerre choisie par le gouvernement face aux manifestations syndicales, politiques, estudiantines d'une part, et à l'expression des libertés collectives et individuelles d'autre part qui s'illustrent par des menaces, des interpellations et stigmatisations des citoyens », déclare Ali Idrissa, acteur de la société civile.

Le collectif des organisations de la société civile appelle ainsi à une grande marche « pour sauver l'école nigérienne et dire non à la mauvaise gouvernance et à la corruption, et défendre la démocratie et les droits humains ».

La colère de l'opposition et de la société civile est prise au sérieux par le pouvoir qui a placé tôt la matinée du mecredi, des forces de défense et de sécurité à des endroits stratégiques de la capitale.

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