Mercredi 25 Avril 2018

Niger : 23 manifestants anti loi de finances en mandat de dépôt

Niger : 23 manifestants anti loi de finances en mandat de dépôt
(APA 28/03/18)

APA-Niamey (Niger)- Au total, 23 manifestants anti loi de finances interpellés, dimanche dernier lors d’une tentative de manifestation, sont inculpés et placés sous mandat de dépôt par la justice nigérienne, a constaté APA.

Parmi ces militants, figurent des membres de la société civile, dont les principales figures du mouvement anti loi de finances, accusés d’avoir passé outre l’interdiction de manifester des autorités de la ville de Niamey.

Ils sont poursuivis pour « participation à une manifestation interdite et destruction de biens » et ont été placés dans différentes prisons de la région de Tillabéry.

Pour les meneurs, ils sont respectivement placés sous mandat de dépôt à Ouallam pour Moussa Tchangari, à Filingué pour Ali Idrissa, à Say pour Noufou Arzika et à Daikaina pour l’avocat et activiste Lirwana Abdourhamane.

Ce dernier a été interpellé dans la soirée de dimanche, juste après avoir fait un premier bilan des interpellations en tant qu’invité du journal de 20 H de la télévision Laabari.

La société civile qui voulait organiser ce même jour sa 6ème Journée d’actions citoyennes contre cette loi de finances 2018, pourtant déjà entrée en vigueur, s’est heurtée aux les forces de l’ordre et de sécurité.

Cette loi de finances 2018, estime la société civile nigérienne, comporte toute une batterie de mesures à caractère fiscal et administratif susceptibles d'affecter sérieusement la situation, déjà difficile, des ménages nigériens.

Le gouvernement nigérien envisage, à travers ce projet de loi de finances, d'accentuer la pression fiscale sur les couches défavorisées de la population, tout en accordant des cadeaux fiscaux inacceptables à certaines catégories de contribuables, notamment les compagnies de téléphonie et les promoteurs indépendants du secteur des hydrocarbures.

Déterminés à amener le gouvernement à faire marche arrière, les animateurs du Cadre contre la loi de finances ont animé, Samedi, un point de presse pour balayer d’un revers de la main les arguments sécuritaires avancés par le président de la délégation spéciale de la ville de Niamey pour interdire leur 6ème Journée d’actions citoyennes.

Tôt dans la matinée de dimanche, appuyée par la garde nationale et la gendarmerie, la police a investi les principales artères de la capitale, dont la Place Toumo où devait se tenir le rassemblement et le siège de l’association Alternative espaces citoyens (AEC) lieu de réunions de la société civile.

Malgré tout, dans l’après-midi, de nombreux manifestants ont tenté de se regrouper et de marcher comme convenu sur la place de la concertation. Ce qui a déclenché une réaction vigoureuse de la police, conduisant à des échauffourées par endroit avec les manifestants qui ont abouti à l’interpellation de plusieurs d’entre eux.

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