Mercredi 25 Avril 2018

Michel Lescanne, PDG de Nutriset : « Nous n’avons aucune intention de quitter le Niger » [Interview]

Michel Lescanne, PDG de Nutriset : « Nous n’avons aucune intention de quitter le Niger » [Interview]
(La Tribune 29/03/18)

L’actualité de la Société de transformation alimentaire a abondamment alimenté la chronique nigérienne l’année dernière. Tension palpable entre les actionnaires, remise en cause du mode de gestion de son directeur général et procès à répétions, sont les ingrédients d’une tempête dans laquelle la STA est empêtrée depuis des mois au grand dam des enfants malnutris du pays. Entretien à bâtons rompus avec Michel Lescanne, PDG du groupe Nutriset et président du conseil d’administration de STA.

LTA : Pouvez-vous nous rappeler la genèse de STA et votre arrivée dans son tour de table ?

Michel Lescanne : A l'origine, STA provient d'un projet de fabrication de farine infantile qui avait été mis en place par la Caritas Niger et le Secours catholique français. Au bout de quelques années, ces deux ONG ont souhaité se désengager et ils ont revendu cette affaire -qui avait un très faible chiffre d'affaires à cette époque- à un groupe d'investisseurs parmi lesquels il y avait Fatima Cissé, Sani Gado et Hadi Mazou.

A l'époque, STA ne faisait que de la farine infantile. A la demande de Médecins sans frontières qui utilisait déjà des produits du type Plumpy nut avec beaucoup de succès, nous avons installé une unité de production de ce produit dans le cadre de la STA. Face à des besoins d'investissement qui étaient relativement importants, nous avons pris une participation dans cette société à hauteur d'à peu près 25%. STA a donc commencé à réellement se développer dans les années 2008-2009.

En 2010, nous avons transféré la fabrication dans une usine toute neuve et l'entreprise a pris son envol avec beaucoup de demandes de l'UNICEF. Les années 2010 et 2011 ont donc connu une augmentation très forte du chiffre d'affaires. En 2008, STA a enregistré 1,3 million d'euros de chiffre d'affaires. En 2011, on est arrivé à 8,32 millions d'euros. Devant cette progression, STA avait besoin de structurer son modèle de gestion.

C'est là qu'intervient votre arrivée à la présidence du conseil d'administration... ?

Il est certain que j'ai ressenti qu'il y avait des problèmes au niveau du conseil d'administration entre les actionnaires. Des problèmes d'origine familiale devant lesquels j'ai proposé en 2011 de prendre la présidence du conseil d'administration en essayant de diminuer leur impact sur la gouvernance de l'entreprise.

En 2012 intervient la nomination d'Ismael Barmou qui est le fils Fatima Cissé, directrice générale à cette époque et présidente de STA auparavant, au poste de directeur général adjoint, puis au poste de directeur général en 2013. Diplômé d'un master en management et parfaitement anglophone, ce dernier était pour nous tout à fait qualifié pour prendre cette position. Mais, il n'a pas bénéficié du soutien des autres administrateurs, notamment à cause de ces problèmes familiaux.

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