Dimanche 18 Février 2018

Les filles, éternelles oubliées de l’éducation au Niger

Les filles, éternelles oubliées de l’éducation au Niger
(Le Monde 05/02/18)

Mariama Chipkaou a gardé de son passé de leader syndicaliste une ferme poigne et un certain franc-parler. Aujourd’hui directrice de la promotion de la scolarisation des filles au ministère nigérien de l’enseignement primaire, elle reconnait sans détour : « La question de l’éducation des filles a été posée depuis l’indépendance, mais on ne progresse pas assez vite. »
De fait, au Niger, les filles restent en retard sur les garçons tout au long de leur scolarité. Selon le Partenariat mondial pour l’éducation, en 2015, seules 62,2 % des filles ont terminé l’école primaire, contre 75,5 % des garçons ; le taux d’achèvement du premier cycle du secondaire s’élevait quant à lui à 13 % pour les filles, contre 18 % pour les garçons.

Si les donateurs étrangers ont multiplié les initiatives sur le sujet, leur action est restée inefficace, selon Mariama Chipkaou, « faute d’intervention à grande échelle ». Et du côté de l’Etat, malgré l’intention politique annoncée, il n’y a presque rien sur la ligne budgétaire dévolue à la scolarisation des filles.

« Il y a quand même eu une amélioration des indicateurs quand on a commencé à mettre en œuvre le Programme décennal de développement de l’éducation, en 2003. Les taux bruts se sont beaucoup améliorés, observe la directrice de la promotion de la scolarisation des filles. Mais l’écart persiste. Les filles abandonnent massivement au primaire et leur nombre ne cesse de s’amenuiser ensuite. Pour qu’on capte le dividende démographique, il faut qu’un maximum de filles et de femmes franchissent le cap du collège. »

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