Dimanche 19 Novembre 2017

Le Musée national Boubou-Hama, toute une histoire

Le Musée national Boubou-Hama, toute une histoire
(Jeune Afrique 23/09/16)
Musée national Boubou-Hama

Sept pavillons, de l’ère des dinosaures à l’âge du nucléaire, un zoo et même un centre de formation : le Musée national Boubou-Hama est à la hauteur des ambitions qui entourèrent sa naissance, en 1959.

«L’établissement est aussi ancien que le Niger indépendant », annonce fièrement Moussa, 36 ans, guide au Musée national Boubou-Hama (MNBH), à Niamey. Depuis douze ans, il arpente les pavillons de ce lieu riche en histoire(s), créé en 1959, ainsi que les allées du parc zoologique, où sont hébergées une cinquantaine d’espèces. Également artisan, spécialiste des peintures sur tissu à la cire, Moussa fait partie de la centaine de personnes qui dépendent de l’activité touristique du musée.

En ce vendredi après-midi d’août, les visiteurs sont peu nombreux. Loin de l’affluence des week-ends et des jours de fête, comme la Tabaski, durant lesquels on peut à peine circuler. Ce jour-là, seuls quelques enfants déambulent sous le regard attentif de leurs parents.

Un véritable lieu historique

Pour eux, les animaux restent les vedettes incontestées de la sortie. Lions du Niger, hyènes tachetées ou rayées, babouins, chimpanzés d’Afrique centrale, aigles royaux, vautours, crocodiles… Dans leurs cages exiguës, les quelque deux cents pensionnaires du zoo ont tous les faveurs du public. Eux aussi semblent souffrir de la chaleur du jour – bien au-dessus des 40 °C. Depuis leur enclos, immergés jusqu’aux oreilles, les hippopotames semblent narguer les visiteurs. Peut-être sont-ils nostalgiques de leur Niger natal, tout proche.

Le musée et son jardin s’étendent en effet sur un terrain de 24 ha jouxtant le fleuve, là où furent construites les premières habitations de la cité historique de Niamey. Aujourd’hui, l’une des entrées du MNBH donne sur une route goudronnée toute neuve et, de l’autre côté de la chaussée, sur l’hôtel Gaweye, construit sur la rive du Niger en 1980. L’entrée principale se situe quant à elle en face du Centre culturel franco-nigérien.

Si le musée a bien été inauguré par le premier président du Niger indépendant, Hamani Diori, en 1959, il a été créé à l’initiative de Boubou Hama, alors directeur de l’Institut français d’Afrique noire (Ifan), soutenu par l’archéologue français Pablo Toucet (qui travaillait aussi au Musée du Bardo, à Tunis). Homme de sciences et de culture, linguiste et président de l’Assemblée nationale entre 1958 et 1974, Boubou Hama donna son nom au premier pavillon, ouvert en 1958, qui abrite les collections ethnographiques.

Inauguré quatre années plus tard, le pavillon Pablo-Toucet présente une architecture traditionnelle typique ; y sont exposés les costumes de différents groupes ethniques, dont un tissu brodé datant du VIIIe siècle. Viennent ensuite les pavillons des instruments de musique (1969), de l’art rupestre (1969), de la paléontologie et de la préhistoire (1973), et de l’archéologie (1980), lequel donne à voir les résultats des fouilles réalisées dans les régions du Dallol, du Liptako, de l’Aïr et du Ténéré (outils et statuaire funéraire).

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